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Que d’entourloupes !

Faire croire qu’une discussion sur le poids ou la couleur des chaines fait une négociation ou un compromis est une funeste imposture. Le pouvoir a décidé seul de détruire le principe d’un système de retraite solidaire par répartition et il demande de débattre du niveau et des modalités de la régression sociale. Pire, convoquant hier matin les acteurs sociaux, il faisait fuiter l’information selon laquelle la loi anti-retraite solidaire est déjà à l’examen du Conseil d’Etat. Raison de plus pour amplifier les mobilisations contre ce mépris gouvernemental.

Cette posture rigide vise la reddition des syndicats, associations, mouvements féministes et d’une majorité de nos concitoyens pour imposer un système individualisé de retraite au rabais, pompeusement et indûment affublé d’un verni « universel ». Quand plus de 300 000 hauts salaires sont appelés à faire sécession de la solidarité nationale pour aller garnir les portefeuilles des fonds de pension et ouvrir la voie à la capitalisation, le mot universel n’est que supercherie.

Voici que sort du chapeau un projet de « conférence financière ». Autrement dit le gouvernement présente une loi en janvier, qu’il veut faire voter en procédure accélérée ou par décret, sans parler de l’âge de départ en retraite ni du niveau des pensions mais présentera la facture à l’automne lors du débat sur la loi de financement de la sécurité sociale.

Celle-ci comportera évidemment… le recul de l’âge ouvrant droit à la retraite. D’ailleurs aucun ministre ne répond à cette question simple : à quel âge aura-t-on droit à la retraite et pour quel niveau de pension ? Cet enjeu est entièrement lié aux problématiques générales concernant le travail, sa rémunération, l’égalité entre les femmes et les hommes, le niveau de cotisation des employeurs sans cesse abaissé, et la contribution des revenus financiers.

Ce n’est donc pas une « conférence financière » qu’il faut organiser mais sans attendre « une conférence sociale » sur l’ensemble de ces enjeux, se substituant à l’actuel projet destructeur. Elle porterait une nouvelle cohérence de progrès, pour une sécurité sociale de haut niveau, gérée par les salariés eux-mêmes. Elle inclurait un développement industriel et agricole, le déploiement des services publics, l’impulsion de nouveaux investissements dans la transition environnementale et numérique créateurs d’emplois stables et correctement rémunérés. Tel, serait le chemin de la démocratie et de la modernité.

Patrick Le Hyaric (L’HD, le 9 janvier 2020)

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