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L’édito du TC par René Granmont. Le coup d’État social

Quel mépris ! Quelle morgue ! Décidément, rien n’arrête plus ce pouvoir ! Se croyant protégé par la progression du coronavirus qui inquiète beaucoup, le Premier ministre, en catimini, un samedi soir, a organisé un coup de force contre le Parlement.

En dégainant le 49.3 comme un cowboy dégainerait son colt, le pouvoir a réalisé un véritable coup d’État social. Il a utilisé cet article pour faire passer en force l’opération la plus antisociale et antidémocratique de toute la Ve République, pour détruire un des piliers de notre organisation sociale, au plus grand mépris de l’opposition majoritaire des Français, manifestée depuis des mois.

Oublié le temps où Edouard Philippe fustigeait l’utilisation du 49.3, oublié le temps où Emmanuel Macron disait qu’il ne croyait pas « une seule seconde à la réforme par ordonnances » alors que le projet de loi sur les retraites n’en compte pas moins de 29 !

En fait l’attitude forcenée, le refus de discuter si peu que ce soit sont la marque d’un pouvoir aux accents autoritaires, qui ne supporte pas qu’on le contredise et qu’on lui résiste, qui ne supporte pas qu’on mette en cause sa pensée. La violence exercée par le gouvernement est d’abord d’ordre démocratique. Le libéralisme économique décomplexé d’Emmanuel Macron s’accompagne d’une forme autoritaire de l’exercice du pouvoir. Les syndicats, les économistes, les manifestants peuvent s’époumoner, rien ne semble ébranler le président, le gouvernement et les parlementaires de LaREM. C’est une violence à l’égard de tous les cadres de médiation de la société. C’est une violence à l’égard de la démocratie qui va durement en souffrir.

Cette volonté de domination se double d’une volonté d’humiliation et d’une répression sans limite qui s’abat sur les militants syndicaux, sur les grévistes, sur les manifestants. N’est-ce pas là aussi un des sommets de la violence ?

Ses auteurs le paieront très cher. Car rien n’est terminé. La loi « organique » de ce projet ne pourra plus être adoptée selon l’ordre constitutionnel du 49.3. La mobilisation s’organise, la résistance populaire peut soutenir les motions parlementaires dans une multiplicité d’actions qui se développent depuis l’annonce d’Edouard Philippe. Et le vote du 15 mars, à l’occasion des élections municipales, peut être le moyen de riposter dans les urnes au césarisme macronien.

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