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Pour sauver le climat et des vies humaines : à quand une « union sacrée » pour un vrai développement du service public ferroviaire ?

Communiqué de presse de Convergence nationale Rail

L’actualité nous rappelle douloureusement l’utilité indispensable des services publics : l’« union sacrée » à laquelle d’aucuns appellent pour faire face au coronavirus ne saurait faire oublier l’état préoccupant des hôpitaux français, soumis à l’austérité budgétaire et aux modes de gestion du secteur privé via la tarification à l’activité. La situation des autres services publics, y compris ferroviaire, n’est guère plus brillante, et l’observation que la recherche du profit ne permettra jamais de faire face efficacement aux imprévus et aux besoins de développement collectifs de la société s’y applique tout autant. Les réformes gouvernementales de ces dernières années, dont la dernière concrétisation est la transformation de la SNCF en société anonyme pilotant cinq filiales soumises à des impératifs de rentabilité, consacrent le démantèlement de la SNCF au bénéfice du transport routier et révèlent des choix politiques constants.

L’actualité de ces derniers mois nous rappelle aussi douloureusement la réalité de plus en plus tangible de bouleversements climatiques qui n’ont rien de naturel et favorisent les événements catastrophiques comme incendies ou tempêtes. Alors que la France vient de connaître son hiver météorologique le plus chaud depuis qu’existent des relevés systématiques, que les transports constituent la première source de gaz à effet de serre dans notre pays, et une cause de mortalité (tant par les accidents de la circulation que par la pollution aux particules fines, par exemple, qu’ils engendrent) bien supérieure à celle des différentes épidémies que nous connaissons, nombre de nos concitoyen-ne-s s’apprêtent à réclamer, au travers de nouvelles marches pour le climat, une véritable politique écologique.

Que fait le gouvernement ? Que fait la direction de la SNCF, dont la responsabilité est importante pour permettre que la nécessaire diminution drastique de la circulation routière se trouve compensée par le développement du mode de transport motorisé le plus écologique, le rail ? Leur réponse va totalement à contre-sens, continuant, malgré les discours trompeurs destinés à faire accepter une politique inacceptable et inavouable, celle de la poursuite et de l’aggravation du tout-routier et de la contraction de l’offre ferroviaire.

Ainsi le plan d’action pour les « petites lignes ferroviaires » produit par le ministère des transports en février dernier (qui s’inscrit dans la droite ligne de la contre-réforme ferroviaire de 2018), s’appuyant sur le rapport Philizot, tout en prétendant « sauver » ces lignes, prévoit en réalité de sacrifier plusieurs d’entre elles et de trouver des « solutions » au rabais obérant toute perspective de développement, l’objectif principal consistant à ne pas trop dépenser pour le rail. Un principe qui ne s’applique pas à la relance écocidaire du programme autoroutier menée depuis plusieurs années malgré les fortes oppositions citoyennes, ni aux avantages accordés au transport aérien, le plus consommateur en énergie de tous !

Ainsi, le rapport Philizot affirme : « Dans certains cas, en effet, la solution la plus pertinente est le passage au mode routier, mais en réutilisant le site propre que constitue l’axe ferroviaire. ». Aucune démonstration n’étaie la prétendue pertinence du passage au mode routier, bien plus dangereux et polluant, et pour cause ! La volonté de réutiliser le site propre des voies de chemin de fer vouées à la disparition est particulièrement grave, car elle implique la destruction de la plate-forme ferroviaire, rendant beaucoup plus difficile toute réouverture future de la ligne.

Quant aux « solutions » proposées pour les lignes ferroviaires appelées à subsister (pour combien de temps, si l’on laisse faire nos gouvernants ?), il y a tout autant matière à inquiétude. En ce qui concerne le financement,seule une «petite partie» des « petites lignes » serait considérée comme appartenant au réseau structurant et donc financée à 100% par SNCF Réseau. Le reste serait soit pris en charge intégralement par les régions, soit cofinancé avec SNCF Réseau. Cela signifierait une contraction considérable du réseau ferré national, la partie (co)gérée par les régions étant tributaire de financements aléatoires et soumise à une balkanisation due aux frontières régionales qui obéreraient largement l’organisation en réseau cohérent qui fit le succès du rail quand existait une volonté politique nationale de le développer ou au moins de le maintenir en état.

Les prétendues innovations techniques proposées consistent surtout à proposer un train au rabais, peu coûteux mais moins performant et incompatible avec un développement massif du transport ferroviaire sur les lignes concernées. Le « train léger » proposé est un train aux performances amoindries qui ne pourra rouler que sur quelques lignes, tel le tram-train des environs de Nantes, limité à 100km/h, alors qu’il circule sur des lignes en grande partie aptes aux 140km/h.

Quant au fret, il est pratiquement absent du plan d’action gouvernemental !

Au total, quand le document du ministère des transports conclut sa présentation en affirmant : « L’objectif du Gouvernement est clair : pérenniser les services publics de transport répondant à la fois aux enjeux de transition écologique, d’aménagement du territoire et de soutenabilité économique. », seul le dernier objectif peut être considéré comme sincère, les autres ne correspondent qu’à un affichage contredit par les propositions formulées.

On ne sauvera pas la planète sans développer le service public ferroviaire, avec un objectif politique de report modal massif et d’aménagement du territoire, hors de tout dogme de rentabilité financière. Nous appelons tou-te-s les citoyen-ne-s à se mobiliser en ce sens. S’il faut une « union sacrée », c’est bien pour le développement de tous les services publics.

Courriel : convergence.rail@hotmail.fr
Blog : http://www.convergence-nationale-rail.fr/

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