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Le coronavirus, une pandémie pas une « guerre »

Pandémie. Non, le covid-19 ne doit pas être le joujou de Mr Macron pour faire peur au français.

Nous traversons des moments difficiles, tragiques mêmes. Il est donc normal que le Président nous éclaire et nous invite à l’action dès lors qu’elle est aussi du ressort de chacun. Mais fallait-il pour autant répéter à satiété « la France est en guerre » ?

Six fois Emmanuel Macron a martelé ce mot terrible « guerre » lors de son allocution du 16 mars. Non notre pays n’est pas en guerre, mais en proie à une pandémie : celle du coronavirus, et aux conséquences désastreuses d'un gestion capitaliste de la santé. C’est pour ne pas avoir à en parler qu'il emploi le terme de « guerre ».

Son but : faire peur. Les Français sont des êtres matures, ils n’ont pas besoin qu’on leur fasse peur. Procéder ainsi, c’est les infantiliser, quand au contraire, il faut faire appel à leur sens des responsabilités. Il y a une forme d’irrespect dans cet acte présidentiel. Il reflète la condescendance viscérale des classes dirigeantes à l’égard du peuple, supposé par elles, inculte et irresponsable.

Emmanuel Macron a endossé la panoplie d’un chef de guerre

Si guerre il y a, comme le dit le Président, nous pouvons lui reprocher de nous avoir mis dans les plus mauvaises conditions pour l’affronter. Il a désarmé le corps médical en amputant systématiquement les budgets consacrés à la santé. On a demandé aux hôpitaux de faire 960 millions d'euros d’économies en 2018. Pour 2019 ils ont été prié de réduire leurs dépenses de 650 millions d'euros. Sans compter les 100.000 emplois détruits.

L’hôpital a été mis à la diète et dans la rue. Nous avons été les témoins d’incessantes manifestations d’hospitaliers souvent brutalement réprimées. Nous payons très cher cette vision comptable de la santé. Elle procède d’un choix politique global visant à abaisser la dépense publique notamment pour diminuer sans cesse l’impôt dû par les entreprises industrielles et financières et accroitre leurs dividendes.

Et vlan la réalité nous rattrape

Le Président a annoncé que nous ne sortirions pas de cette crise comme nous y sommes rentrés. « Le jour d’après ne sera pas comme le jour d’avant » a-t-il précisé. Chiche, sauf que la réalité rattrape sa fiction. Trente milliards vont être immédiatement débloqués pour… la santé et les services publics ! Non, pour aider l’économie, lire les grandes entreprises.

Par la voix du ministre Bruno Le Maire, on nous annonce de possibles nationalisations afin de sauver des grandes entreprises mises à mal par la crise actuelle. Ce serait parfaitement souhaitable et acceptable si ces entreprises ne sont pas bradées au privé une fois qu’elles auront recouvré leur santé économique et renoué avec les bénéfices. Ces bénéfices devront alors profiter à leur développement, à celui de la Nation et au bien être de ses membres. Mais tout cela est antinomique avec une gestion ultra-libérale de la société.

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