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Macron il a parlé !

Que penser de l’intervention télévisée du chef de l’État en ce lundi de Pâques à 20h02, après les applaudissements (le service communication de l’Élysée avait tout calculé) ? Moins arrogant, moins martial. Dans les précédentes interventions le ton gaullien du Général, lui avait été reproché. Il a donc changé de style, si l’on osait une nouvelle fois la comparaison avec De Gaulle. On pourrait dire qu’il a été pour l’occasion plus Geneviève que Charles.La plupart des choses dites par E. Macron, nous avaient été annoncées par les médias, c’est dire si l’homme est prévisible. Voilà le premier élément qui rend son discours démagogique et peu crédible.

Une intervention peu crédible !

D’autres choses rendent l’intervention du président peu audible. La longue énumération et les éloges, au demeurant justifiés, envers ceux qui se trouvent en première, deuxième et troisième ligne. Ceux-là même qu’il méprisait, battait ou humiliait il y a peu. Ajoutons-y son laïus évoquant l’aide, indispensable, aux plus pauvres mais sans vraies mesures à la clé. La colère et les doutes exprimés par les soignants, les positions des associations, des élus, des partis politiques de gauche, progressistes… ont au moins eut le mérite de changer le contenu et le style de la parole présidentielle. Certes les défenseurs de l’union sacrée pousseront des cris orfraie « vous n’êtes jamais content quoi qu’il dise ! ». Certes l’homme peut changer d’avis et se bonifier dans l’épreuve, mais le discours entendu en ce lundi de Pâques n’amène pas à croire que cela soit le cas pour Emmanuel Macron. Là n’est pas la question! Les Français auraient pu croire au discours d’Emmanuel Macron s’il avait annoncé :

  • la mise à contribution des plus fortunés, des actionnaires des multinationales gavés de dividendes par une spéculation et un système n’ayant fait aucun sacrifice et dont l’inutilité saute aux yeux durant cette crise. Pas un mot sur les marchés financiers, l’impôt sur la fortune, sur la sollicitation financière de cette classe sociale pour financer le coût d’une crise sans précédent (entre 100 et 300 milliards) !
  • la possibilité pour les banques centrales européennes et nationales (comme l’ont fait les Anglais) d’intervenir pour aider les états, quand les traités européens l’interdisent aux pays de l’UE.
  • l’intouchabilité des acquis ou conquis sociaux des salariés (35 heures, congés payés, jours fériés…).

Le flou sur l’essentiel !

Certes Emmanuel Macron a fait une allusion « aux jours heureux », programme du conseil national de la Résistance, mais le secret de la réussite de ce programme a été le progrès social dont il était porteur. Manifestement « l’économie », lisez le grand patronat, réclame la reprise du travail le plutôt possible (le 11 mai), cela n’est pas envisageable avec des enfants confinés, donc la réouverture des écoles s’impose. Il est malhonnête de justifier cette décision, qui créée dans les familles un émoi que nous comprenons, par la situation critique dans les quartiers populaires et les campagnes.

Le président affirme que l’État se donnera les moyens de fournir un masque à toutes celles et ceux qui seront déconfinés pour aller travailler et obligés d’emprunter les transports en commun. Pour autant le flou subsiste sur les tests, sur les prises de sang recherchant les anticorps du COVID19. Flou aussi sur la manière d’atteindre l’immunité collective (au moins 60% de la population infectée par le virus) et sur les risques qu’engendre cette méthode pour les divers types de populations. Tout en ignorant l’efficacité réelle et la durée de cette immunité.

Les circonstances exceptionnelles justifieraient un changement de République

Pour finir, les fausses notes d’humilité savamment disséminées dans l’allocution ou l’affirmation qu’il fallait savoir se remettre en question en commençant par lui-même, n’ont pas convaincu grand monde. La crédibilité aurait pu venir de la volonté d’un changement de République, après tout, la situation est suffisamment exceptionnelle pour le justifier. Une République revenant à ses origines où parlementarisme proportionnel et citoyenneté remplaceraient le présidentialisme à outrance généré par la cinquième République. En effet, comment croire aujourd’hui que l’avenir d’un pays puisse reposer sans débats, sur les épaules d’un seul homme.

Le Président de la République a annoncé de nouvelles coopérations avec l’Afrique en évoquant l’annulation de la dette. Même s’il faudra être vigilant, voilà une mesure concrète attendue qui crédibilise cette proposition. A contrario le discours apparaît démagogique lorsque Emmanuel Macron envisage « l’après crise » sans piper mot du rapport de notre société à l’environnement, au travail, à l’argent et à son utilisation… de la relocalisation de nos industries et de notre agriculture, de l’abrogation des réformes antisociales comme celle des retraites…

En résumé l’allocution du chef de l’État, aux allures de « Père la Victoire » a répondu à quelques inquiétudes sur le début du déconfinement (le 11 mai annoncé) et celle d’un retour à une vie plus normale (15 juillet), mais il demeure très insatisfaisant pour un grand nombre de nos compatriotes qui en espèrent beaucoup plus.

Nicolas Garcia

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