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L’édito du TC par René Granmont. Même pendant le confinement

Depuis près de cinq semaines, notre vie à toutes et tous est bouleversée par l’épidémie de Covid-19 et par les mesures prises pour la combattre. Et nous devrons rester confiné.e.s encore plus d’une vingtaine de jours, le président de la République ayant annoncé la prolongation du confinement jusqu’au 11 mai. Mais ce déconfinement sera progressif, l’essentiel étant de « permettre au plus grand nombre de Français de retourner travailler ».

Cela implique que, d’ici cette date, les règles de confinement soient strictement respectées par l’ensemble de nos concitoyens. C’est actuellement le moyen essentiel pour protéger la population, pour éviter de nouvelles victimes parmi nos proches, nos ami.e.s, nos voisin.e.s… C’est être aux côtés des personnels de santé dont personne ne nie le courage et le dévouement pour combattre la pandémie.

Dans le même temps, la confiance envers le pouvoir n’a cessé de s’éroder. Une majorité de nos concitoyens est persuadée à juste raison que le gouvernement a menti dans la gestion de la crise sanitaire. Et on n’en finit plus des contradictions des ministres, des voltefaces de communication. Ainsi le changement de discours sur les masques a été le révélateur d’une pénurie imputable aux imprévoyance gouvernementales. Si « gouverner c’est prévoir », avouons que le pouvoir a, en ce domaine, prouvé son incompétence. Plus profondément, la recherche à tout prix de la rentabilité financière a brisé notre service public de santé et notre industrie au point que les soignants manquent de tout.

Face à cette colère montante, d’aucuns voudraient, au nom de l’unité nationale contre le virus, interdire toute critique, toute proposition alternative pour préparer « l’après ». Mais quelle unité quand cette crise sanitaire révèle de manière exacerbée la profonde division de classe de notre pays ? Car le confinement ne se vit pas de la même façon quand on a pu se réfugier dans sa grande villa à La Baule ou quand on partage avec quatre ou cinq personnes 80 m² dans un HLM, quand on peut passer commande sans compter ou quand dès le 15 du mois, il n’y a plus rien dans le porte-monnaie. Sans parler de ces millions de salariés qui continuent de travailler chaque jour, avec la peur au ventre de revenir contaminer leurs proches.

Cette crise sanitaire va se transformer en crise économique avec une récession supérieure à celle de 1929. Et voici que resurgit la petite musique des prétendus « premiers de cordée » s’acharnant contre « les premiers de corvée ». Ainsi, le président du Medef explique qu’« il faudra se poser la question tôt ou tard du temps de travail, des jours fériés et des congés payés pour accompagner la reprise et faciliter, en travaillant plus, la création de croissance supplémentaire  ». Et la sous-ministre de l’Économie de surenchérir : « Il faudra certainement travailler plus que nous ne l’avons fait avant. » Les grands patrons, les rois de la finance comptent bien profiter de l’état de sidération et de peur du pays pour user de la stratégie du choc et se refaire sur le dos des peuples. Allons-nous laisser faire ?

Lundi le président de la République a évoqué le CNR et l’espoir de nouveaux « jours heureux ». Mais cela ne restera que des mots dès lors que l’on n’engagera pas les ruptures indispensables pour répondre à la crise et s’attaquer enfin à ses causes. C’est pourquoi, pour reprendre les mots de l’urgentiste Christophe Prudhomme « il faut critiquer, proposer, se mobiliser, même pendant le confinement. Et encore plus pendant le confinement, car vouloir que le monde change pour un monde meilleur, c’est espérer, et l’espoir, c’est la vie. »

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