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L’édito du TC par René Granmont. Les jours heureux ?

L’heure du déconfinement a sonné. Mais si l’attestation pour sortir acheter son pain n’est plus nécessaire, l’horizon est loin d’être dégagé. Contrairement à ce que peuvent laisser penser quelques stupides attroupements, l’heure reste au respect strict des gestes barrières.

Cette délivrance laisse un goût amer. Elle se fait sans tests suffisants, sans masques gratuits. Des milliers de salariés, la peur au ventre, ont retrouvé dans les transports en commun et les entreprises la cohorte de ceux qui avaient continué de travailler en « première ligne ». La reprise scolaire se fait dans des conditions déplorables. Outre le fait qu’une immense majorité d’élèves ne retrouvera pas le chemin de l’école cette semaine, les conditions dans lesquelles s’ouvrent les classes ne permettent pas d’assurer un enseignement. Loin de résoudre le problème des inégalités posé par l’école à distance, cette reprise les accroît. Encore plus inquiétant, il semble bien que le ministre de l’éducation entende profiter de cette situation pour pérenniser une destruction lente du système éducatif. Ne s’apprête-t-il pas à réduire le nombre d’heures de classe pour toute l’année prochaine ?

Dans le secteur de la santé, loin de tirer les enseignements de la lutte menée des personnels soignants contre la pandémie, l’heure est au retour aux vieux critères purement financiers. Le ministre de la Santé ne vient-il pas d’annoncer le retour progressif aux 5 000 lits de réanimation disponibles dans tout le pays ? Ne retrouvons-nous pas, à nouveau, des patients en attente de lits sur des brancards ?

C’est aussi la même chose pour les entreprises. Gouvernement et Medef se retrouvent pour entonner le même refrain sur l’augmentation du temps de travail (à l’heure où les chiffres du chômage vont exploser !) et les sacrifices que devraient accepter les salariés.

Visiblement, les jours d’après que nous préparent Emmanuel Macron et édouard Philippe sont les mêmes que les jours d’avant. Voire pire ! Pour imposer cette vision libérale, l’état d’urgence sanitaire prolongé et élargi ne vise qu’à renforcer les pouvoirs monarchiques de l’exécutif, à étouffer les libertés publiques et donner encore plus de marges de manœuvre aux chantres de l’ultralibéralisme.

Hier, des forces immenses s’étaient levées pour défendre le droit du travail, le climat, les retraites par répartition, l’égalité hommes-femmes ou en revêtant un gilet jaune. Ces dernières semaines, les mêmes, souvent, se sont battus à leur poste de travail pour l’intérêt général. D’autres encore ont été à l’avant-garde des solidarités concrètes au service des autres. N’est-il pas temps qu’ils se fassent entendre, qu’ils se rassemblent pour reconstruire un autre monde, celui des vrais jours heureux ?

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