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Le 28 juin, pour des majorités de progrès

Le second tour des élections municipales fixé au 28 juin ne conclura pas réellement le premier. Séparés de plus de trois mois, c’est dans un tout autre contexte que les citoyennes et citoyens devront se prononcer : celui d’une crise sanitaire inédite qui se prolonge par une crise économique et sociale aux conséquences annoncées comme les plus graves depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. « Le plus dur reste à venir » prévient le gouvernement qui entend faire payer la crise aux familles populaires. Chômage de masse, baisse du pouvoir d’achat, austérité pour les services publics, restriction des libertés collectives et individuelles sont au menu si l’on en croit les propos de ministres et du Medef. Rarement les municipalités auront, à ce point, eu la responsabilité de jouer leur rôle de bouclier social, de protection du monde du travail et de la culture.

Partout, un front large doit pouvoir se constituer reposant sur des politiques publiques de soutien des classes populaires, opposant à la casse des solidarités nationales des solidarités communales par la défense et le développement de services publics, la promotion de la vie associative et sportive,  du logement social, un développement culturel et écologique.

Les communes sont des lieux importants pour la réalisation d’investissements utiles et la création de nouveaux équipements. Les prochains mandats seront l’occasion de repenser un certain nombre de projets pour les orienter vers la métamorphose environnementale et du cadre de vie. La période de confinement aura confirmé la nécessité d’une ville plus habitable, plus respirable et d’un autre aménagement des territoires cessant de délaisser les campagnes qui auront révélé tout leur potentiel de mieux-être. Décisifs pour la vie quotidienne de nos concitoyens, ces débats sont malheureusement étouffés par un triste spectacle politicien.

Ainsi, le parti présidentiel fait le choix dans de nombreuses villes de s’allier avec la droite au second tour, confirmant le glissement de son socle électoral de 2017. La constitution de telles majorités, reposant sur l’alliance des classes possédantes en appui à la politique de démantèlement de l’État social menée par le gouvernement, serait de très mauvais augure pour les familles populaires. La « peur du rouge », ressuscitée par la droite et les macronistes est un bon indicateur de la crainte qui assaille le pouvoir et ses alliés face à des listes d’union assises sur de projets bien inscrits à gauche, au service exclusif des populations.

La crise sanitaire et les suites que compte lui donner le gouvernement appellent dès maintenant au sursaut. Le chômage, l’aggravation de la précarité et de la pauvreté vont durablement frapper les milieux populaires qui peuvent se trouver désarmés sans représentation politique forte. Or, l’échelon communal permet d’opérer des choix à rebours de ceux impulsés par l’Etat et les puissances d’argent. Les communes doivent être des remparts autant que des laboratoires de solidarités nouvelles. C’est la fonction historique de cet échelon crucial de la vie démocratique que les gouvernements successifs soumis aux impératifs libéraux s’échinent à vouloir détruire au profit d’une « gouvernance » technocratique éloignée des citoyens et de leur pouvoir de contrôle.

Les bons scores enregistrés par les listes conduites par le Parti communiste français au premier tour témoignent de la résistance des milieux populaires. Ils témoignent tout autant d’une forte attente de citoyens à l’égard des élus locaux pour qu’ils se dressent et défendent leur population et leur territoire contre les ravages d’une organisation territoriale co-pilotée par le gouvernement et l’Union européenne. Il reste quelques jours aux forces de progrès, de l’écologie et aux citoyens pour créer les conditions de majorités de résistance et d’innovation sociale et écologique, tout en conjurant la menace d’une forte abstention liée à l‘épidémie. Y parvenir dans le plus d’endroits possibles sera gage de nouveaux possibles pour l’ensemble du pays.

Patrick Le Hyaric (L’HD, le 11 juin 2020)

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