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L’édito du TC par Jacques Pumaréda. « Laisse les gondoles à Venise le printemps sur la Tamise… »

Si les canaux vénitiens ressemblaient de plus en plus aux égouts londoniens, oh miracle ! confinement oblige, les dauphins sont revenus, ils ont sillonné la lagune dans une eau limpide succédant ainsi aux navires-usines de croisière. Le tourisme de masse voilà l’ennemi ! Certes, la surfréquentation bien réelle de certaines destinations est catastrophique pour les populations locales comme pour l’environnement. Mais qui est donc ce touriste, « l’idiot du voyage », moutonnier, criard, braillard, superficiel, aussi invasif que vulgaire ? L’exact opposé du voyageur bien éduqué héritier d’une aristocratie britannique de la fin du XVIIéme siècle qui sillonnait l’Europe, suivi au XIXéme siècle par une bourgeoisie triomphante fervente de stations balnéaires et d’« excursionisme ». Le tourisme demeure l’apanage des classes les plus aisées jusqu’au moment où les pratiques de temps libre commencent à se développer, pour les ouvriers dont le temps de travail diminue jusqu’aux congés payés de 36. Les entrepreneurs de loisirs se lancent dans ces nouveaux marchés, du Touring club de France créé en 1890 jusqu’au Club Med en 1950. Parallèlement syndicats et partis de gauche, notamment le PCF se lancent, après guerre, dans le tourisme social avec les comités d’entreprises en particulier.

Depuis la moitié des années 80, 60 % des Français partent en vacances, cependant que 40 % restent chez eux. Les cadres supérieurs et les professions intellectuelles partent trois fois plus que les ouvriers et six fois plus lorsqu’il s’agit d’un voyage à l’étranger.

La montée en puissance des préoccupations environnementales incite à revoir totalement la copie d’un tourisme écoresponsable. Cette rupture, nouvelle étape, renouvellera-t-elle la ségrégation sociale ou sera-t-elle l’occasion de penser enfin le tourisme dans le cadre d’une politique globale du temps libre ? Ne manque à un tel programme qu’un État volontaire et résolu en la matière.

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L’édito du TC par Jacques Pumaréda. « Laisse les gondoles à Venise le printemps sur la Tamise… »

le 24 juillet 2020

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