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Déclaration liminaire de la FCPE des Pyrénées-Orientales au Conseil Départemental de l’Éducation Nationale (CDEN)

Monsieur le préfet des Pyrénées-Orientales,
Monsieur le directeur académique des Pyrénées-Orientales,
Madame la présidente du Conseil départemental des Pyrénées-Orientales,
Mesdames et Messieurs les membres du CDEN,

Depuis la fermeture des écoles le 13 mars dernier, la France a vécu une période étrange, inédite, totalement différente, une guerre mondiale contre un virus tueur, à travers un confinement qui nous aura éloigné tant physiquement que socialement les uns des autres. Et nous aurions pu penser et rêver d’un bouleversement dans les esprits, dans les mœurs et dans la manière de vivre, d’agir, de fonctionner, comme si nous allions être tous plus responsables, plus solidaires. Et nous pensions aussi que cette rentrée 2020 marquerait une prise de conscience réelles des Services de l’Etat, en matière d’éducation, pour que cette rentrée soit apaisée, rassurante et constructive.

Il n’en est rien !

Toujours davantage de classes surchargées à 28, 29, 30 en collèges en 6ème, toujours autant de classes à 36 en 2nde, comme le résultat d’une politique libérale qui ne se veut à l’écoute de personne, et d’une baisse générale des moyens alloués. A certains endroits, à Argelès par exemple, on constate une hausse chaque année d’élèves inscrits en ULIS et en SEGPA, et ces élèves par manque de place sont reversés en enseignement général, avec d’une part une prise en charge non adaptée, et d’autre part cela entraîne des salles pleines. D’autres solutions, comme des ouvertures sur Saint-André ou Elne, pourraient être mises en place, mais rien n’avance sur ce point. Les enseignants, font bien entendu le nécessaire avec les moyens dont ils disposent et des conditions de travail de plus en plus difficiles. Nous profitons d’ailleurs de cette déclaration pour les remercier, de leur travail au quotidien, et de cette continuité pédagogique qu’ils ont sue mener lors de cette crise sanitaire sans précédent.

Les affectations des élèves restent à chaque rentrée un sujet essentiel de chaque rentrée, et force est de constater que ce problème reste présent et s’accentue chaque année, avec une démographie en progression, et avec des lycées de plus en plus surchargées. La nécessité d’un nouveau lycée professionnel, comme nous l’avons maintes fois répété, s’impose à Perpignan.

Des services inégalitaires selon les endroits avec une seule option possible dans la réforme Blanquer en 1ère sur les lycées hors-Perpignan comme Argelès, Céret, Prades qui comptent seulement 36 heures de plages horaires possibles, comparativement aux 42 heures de plages horaires sur les lycées de Perpignan et 2 options possibles, et l’ouverture le mercredi après-midi ou le samedi matin. Bien sûr dans le nouveau projet de réforme la seconde option reste facultative, mais cette impossibilité d’en bénéficier ne permet pas l’égalité des chances.

Quand à cette inégalité des chances et cette école à deux vitesses, la problématique de cette rentrée devrait être le retour à l’école des enfants décrocheurs, des enfants qui durant 6 mois n’ont plus vécu normalement, ont été confinés, et possiblement coupés de leur école, et du lien social avec leurs enseignants, leurs camarades de classe, leur milieu scolaire... Bien sûr, beaucoup de choses positives sont mises en place comme l’accueil par les infirmières et les psychologues scolaires, l’aide aux devoirs en collèges, l’AP, ou les évaluations pour permettre de jauger où en sont les élèves. Cependant, ce n’est pas assez, davantage de moyens pour une nouvelle école, et une véritable prise de conscience sont nécessaires ; il faut se pencher sur chaque élève et pouvoir évaluer les conséquences directes de ces six derniers mois particuliers tant sur le plan éducatif que psychologique. De véritables moyens et du temps doivent être laissés pour cette rentrée, avec de l’aide aux devoirs en collège, de l’aide personnalisée en lycée, des prises en charge individualisés en élémentaire, du tutorat entre élèves, des demi-groupes, et un véritable plan d’accompagnement pour chaque élève. Qu’on cesse d’évoquer de nouvelles compétences, mais qu’on s’occupe des conséquences de 6 mois sans école, pour des élèves des quartiers défavorisés de Perpignan.

Et les questions, en matière éducative, qui en découlent, sont les suivantes :

  • Comment structurer et mieux prévoir les remplacements des enseignants ?
  • Comment faire en sorte que les enfants aient une place à chaque rentrée, notamment lorsqu’ils doivent changer d’établissement ?
  • Comment améliorer les conditions scolaires, tant pour les élèves, et leurs enseignants, que pour rassurer leurs parents ? Notamment, on propose de baisser les effectifs chargés des classes et de mettre fin aux coupes dans les DHG.
  • Quels seront les dispositifs pour que les élèves puissent accéder aux ressources en ligne dans l’établissement comme à leur domicile ? (notamment, en cas de fermeture partielle d’un établissement, ou de reconfinement).

La réalité du système scolaire ne doit pas reposer pas sur un libéralisme effréné dans lequel l’humain n’a plus sa place. L’enfant doit être au cœur de nos préoccupations et de nos enjeux, il faut lui laisser le temps de se construire, d’évoluer, de trouver ses marques, de grandir.

A présent, dans cette déclaration, quelques inquiétudes sur la gratuité de l’école d’aujourd’hui, pour rappeler que le gel hydroalcoolique et les masques, ne sont pas des fournitures scolaires et devraient être mis-à-disposition par l’institution scolaire d’emblée, comme un outil de protection. Et, notamment, nous demandons que l’opportunité soit donnée aux parents les plus nécessiteux de saisir les fonds sociaux pour les achats de maques. Pour le gel, il ne faut plus demander aux familles de le fournir, mais c’est préférable d’adapter les locaux scolaires aux normes sanitaires et d’hygiène, pour permettre un lavage des mains réguliers avec du savon.

A ce titre, les questions restent inchangées :

  • Les instances de tutelle sont-elles en capacité de doter les établissements scolaires de gel hydroalcoolique et d’effectuer le nettoyage de ces établissements ? De même la mise à disposition de tous (élèves, enseignants, accompagnants des élèves en situation de handicap, personnels des établissements) de masques est-elle possible ?
  • Comment maintenir les distances de sécurité dans des salles de classes déjà exigues où se côtoient jusqu’à 35 élèves, dans les cours de récréation et dans les rangs des classes lors des sonneries, et dans les bus de ramassage scolaire ?
  • Comment se dérouleront les repas à la cantine en veillant à ce que toutes les précautions sanitaires soient prises ?

Enfin, il y a les parents. Qu’attendent-ils pour cette rentrée scolaire ?

  • Une information claire, précise qui prenne en compte l’évolution de la pandémie,
  • Des mesures sanitaires et d’hygiène effectives dans tous les établissements scolaires,
  • Une pédagogie adaptée répondant à cette situation exceptionnelle et des moyens qui permettent d’affronter cette période particulière, et qui permette de réduire les effectifs par classe, et de s’occuper de chaque enfant.

En tant que fédération, nous sommes vigilants tout particulièrement, sur les points prioritaires suivants :

  • Si, le ministère doit mettre à jour ses instructions selon l’évolution de la situation ; l’information ne doit pas être simplement que gouvernementale. L’information doit être adaptée à chaque établissement scolaire qui doivent documenter leur site et le mettre à jour régulièrement, ce qui malheureusement n’est pas toujours le cas.
  • C’est une nécessité, Monsieur le Directeur académique, de dresser un état sanitaire précis de chaque établissement concernant particulièrement les distributeurs de gel hydro-alcooliques, la cantine et les toilettes.
  • Chaque établissement doit clairement poser les modalités pratiques de la remise à niveau de ce mois de septembre, et les expliquer aux parents, sans attendre un « plus tard » préjudiciable à cette reprise scolaire de tous les enfants, et des élèves décrocheurs.

Un petit mot pour dire que nous regrettons la discrimination dont sont victimes les collégiens et les lycéens, en terme de transport scolaire, de l’Agglomération de Perpignan-Méditerranée par rapport aux autres élèves du département ; lesquels, grâce à l’action de la Région et du Conseil départemental, ne paie pas plus que 45 euros ou 80 euros, alors que dans l’Agglomération, les parents doivent s’acquitter d’un montant allant jusqu’à 150 euros.

Ces quelques questions illustrent bien la nécessité de tenir compte des bouleversements sociaux induits par la Covid-19. Cette pandémie implique des nouveaux comportements, tel le port du masque, qui protège aussi bien son porteur que les personnes qu’il rencontre.

Nous attendons aussi que les collectivités territoriales continuent à prendre leur part, en concertation, dans cette lutte. La FCPE reste à leur disposition pour élaborer des actions pratiques. A ce titre, nous saluons l’initiative de la Région Occitanie et du Département des Pyrénées-Orientales de mettre des masques à la disposition des lycéens et des collégiens.

Vendredi 4 septembre 2020
Direction Académique - Perpignan

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