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Pour un autre avenir : tourner le dos au capitalisme

Sombre période et angoissants moments ! Une conjonction de périls s’abat sur nos sociétés, sur les familles, sur notre manière de vivre. Pandémie qui repart, terrorisme qui revient, catastrophes climatiques, crise économique et crise sociale trop sous-estimée. Une telle situation, détruisant le moral et les espérances, appelle à ouvrir les vannes du débat et du combat politiques, arguments contre arguments, afin de  dépasser l’état de fait existant.

La virulence d’un virus qui s’acharne appelle à redéfinir les priorités en investissant massivement dans un système de santé public incluant les fabricants de médicaments et de vaccins. La vie humaine, déjà bien abimée par la raréfaction des liens sociaux et les balbutiements de la vie culturelle, ne peut plus être considérée comme une marchandise sur laquelle des profiteurs se gavent. Cela doit être intimement relié aux lourds enjeux des modifications climatiques et de préservation de la biodiversité.

L’abjecte flambée de terrorisme, qui n’a pour proie que des personnes et familles innocentes, appelle une mobilisation humaine et des moyens pour protéger les populations. Elle doit s’accompagner d’un travail idéologique pour faire prévaloir un nouveau progressisme à la française, un combat sans faille contre les ségrégations, les discriminations, la haine et le racisme. Sans oublier la transformation d’une politique internationale afin que la France regagne son indépendance, sorte de l’OTAN et manifeste son refus du « choc des civilisations » qui nourrit ce qu’elle prétend combattre.

Ce fondamentalisme de guerre cherche à diviser et fracturer la société française. Il alimente la radicalisation d’une droite déchainée qui appelle à ouvrir « un Guantanamo » français, à mettre en place « une législation de guerre » ou encore à la fin de « l’État de droit ». C’est le grand boulevard ouvert à l’extrême droite. La profusion de lois dites « anti-terroristes », pas plus que Guantanamo, n’ont empêché le terrorisme de tuer. Ce « tout sécuritaire » et les lois d’exception comme les états d’urgence sanitaires dissimulent mal les atteintes graves à la démocratie et aux libertés que s’attachent à détruire les fondamentalistes comme les extrêmes droites. Tout ceci dans le cadre d’une crise accentuée des institutions. Le travail pour faire émerger une démocratie véritable doit être entamé par les forces progressistes et syndicales. La crise économique violente, durable, structurelle que porte la pandémie ne peut être jugulée ni par le pouvoir personnel, ni par le service au capital.

Le choix de préserver coûte que coûte la seule production de « marchandises » sans reconnaissance du travail, tout en ouvrant les écoles sans effectifs allégés et sans renforcement du protocole sanitaire, n’augure rien de bon. Juguler une telle crise demande de changer radicalement de stratégie en donnant la parole et des pouvoirs aux travailleurs. Les prêts garantis pour les petites et moyennes entreprises, les commerçants et artisans, doivent devenir des aides directes, conditionnées au maintien de l’emploi, à des efforts de réduction du temps de travail, d’amélioration des salaires et des investissements. Les entreprises cotées en bourse ne doivent plus verser de dividendes à leurs actionnaires mais choisir l’emploi garanti et les formations pour des investissements nouveaux. Ne devrait-on pas progresser vers un système inédit garantissant, sous l’égide de l’Etat, l’emploi et la formation pour tous les salariés, voire même dans certains cas les rémunérations ? Un plan massif de recherche, d’investissement et de développement des services publics pour la transition environnementale, contrôlé par les salariés et leurs organisations, dans le cadre de nouvelles organisations du travail, doit être mis en débat. Sauver les plus pauvres et les précaires du naufrage nécessite de débloquer d’importants fonds publics voire privés. Voilà qui nous éloignerait des choix libéraux. Et, précisément, poserait les termes d’un débat pour ouvrir la voie à une société post-capitaliste.

Patrick Le Hyaric (L’HD, le 5 novembre 2020)

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Pour un autre avenir : tourner le dos au capitalisme

le 05 novembre 2020

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