Fédération des Pyrénées-Orientales

Fédération des Pyrénées-Orientales
Accueil
 
 
 
 

Le billet d’Yvon Huet. Le vent de la rêv’évolution

28 décembre 2020. Le Llevant souffle sur la côte catalane. Venu de l'Est il a toute la marge pour remuer tous les recoins, descendre en vrille les fragiles balustrades des plages et faire valser les poissons volants sur les bateaux à quai.

Il ne ramènera pas tous ces morts engloutis qui n'ont pas pu rejoindre un paradis perdu. Il ne ramènera que les détritus des humains qui se servent de la nature comme une poubelle. La Tramontane prendra le relais pour sécher le tout et repousser au large les écumes engluées dans les restes des vidanges faites par les paquebots au large de la côte.

Pendant ce temps, la France fait une guerre sans merci contre les trafiquants dit-on. Une goutte d'eau dans la mer pour, une fois de plus, montrer les muscles sans résoudre les problèmes de fond de nos sociétés, pendant que les migrants miraculés des voyages finissent dans les cages qu'on leur réserve pour retourner où ? Nulle part, juste là où le mot vie s'arrêtera pour la plupart d'entre eux.

Pendant ce temps l'exécutif français patauge dans la marre de ses envies de nettoyer tout ce qui bouge au nom d'un ordre qui n'a de républicain que le nom et rejoint la cohorte des tous ceux qui, dans l'histoire, ont érigé des monuments d'expiation au nom de la paix romaine exigée par une poignée de privilégiés gavés comme des oies et dont on manger pour une fois pendant les fêtes de fin d'année les gros foies nourris au sang de pauvres.

Si on changeait tout cela ? Ne me parlez pas d'élections. Je préfère la résistance concrète de toutes celles et ceux qui bravent les interdits, aident les plus démunis et défendent les emplois partout où c'est possible. Les élections, comme délégation de pouvoir, ne sont que des leurres.

Comme appui pour donner un sens concret aux luttes populaires et mettre en musique la démocratie, c'est la cerise sur le gâteau qu'il ne faut jamais rater, sans jamais oublier l'essentiel, pourquoi et pour qui on se bat et non comment faire pour assurer une carrière à ceux que le vent portera au musée Grévin de la famille des parasites.

Les citoyens sont déçus de la politique ? C'est parce qu'on le décourage d'en faire par tous les moyens possibles. Être communiste, c'est avant tout se battre pour qu'ils s'en emparent, de la politique, parce que sans eux ça, ce sera contre eux, quel que soit l'équipe au pouvoir, pour éviter un pire qui ne sera pas stoppé par un moins pire au perchoir.

Le vent est d'accord. Il reconnaît que tous les bons vents de l'histoire qui ont été guidés par les luttes populaires ont toujours fait reculer les parasites. Il faudra qu'il souffle très fort bientôt pour les faire tomber, comme les dernières feuilles d'automne qui servent avantageusement à protéger les plantes de la vie avant le printemps. Je rêve ? Oui, et ça fait du bien. Ceux qui ont souffert hier et ont résisté au pire avaient cette faculté. Ils ont gagné et grâce à eux je suis là, bien vivant à ne pas oublier le vent de leurs combats.

Yvon Huet

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.

 

Le billet d’Yvon Huet. Le vent de la rêv’évolution

le 28 November 2020

A voir aussi



 
44 Avenue de Prades 66000 Perpignan Tél: 04.68.35.63.64