Fédération des Pyrénées-Orientales

Fédération des Pyrénées-Orientales
Accueil
 
 
 
 

Conseil départemental du PCF des Pyrénées-Orientales du 12 novembre 2020 (en visio-conférence)

Rapport Françoise Fiter

Le CN du 9 novembre dernier (en visio-conférence) a traité de deux questions :

  1. Le contexte national, international actuel sur fond de pandémie et comment faire vivre dans ce contexte notre intervention politique
  2. La préparation de notre 39ème congrès dont la tenue en terme de date est remise en cause et les axes majeurs de ce congrès

Quelques éléments de réflexion donc à partir des rapports présentés (Fabien Roussel pour la première partie et Christian Picquet pour la deuxième) et du débat.

Introduction

Deuxième vague de la pandémie de Covid-19 entraînant un très grand nombre de malades graves et de morts. Crise économique et sociale aggravée que notre peuple va payer au prix fort si nous ne parvenons pas à obtenir des avancées. Une gestion de la crise sanitaire dans notre pays catastrophique, conduite de façon autoritaire par des logiques libérales. Des services publics affaiblis. Un tel contexte favorise, obscurcit les consciences et provoque des polarisations politiques et idéologiques à droite, voire à l’extrême droite. Plus que jamais, il y a besoin d’un horizon d’espoir, d’un projet de rupture avec le grand désordre capitaliste.

Notre parti a donc un rôle irremplaçable à jouer en ce moment avec sa parole et ses propositions contre les tentations de la résignation, du découragement et du repli sur soi.

Situation mondiale :

Quelques mots de l’élection présidentielle américaine.

Malgré la tentative de quasi coup d’État institutionnel de Donald Trump, Joe Biden a gagné à l’élection présidentielle du 3 novembre, (ouf) ce qui ne cache pas l’ancrage et le développement du « «Trumpisme » Bonne nouvelle et espoir : l’élection ou la réélection des députés de gauche issus de l’équipe de Bernie Sanders, comme Alexandria Ocasio-Cortez . 28 des 37 candidats des Socialistes démocrates d’Amérique ont été élus, dont la marxiste Julia Salazar, sénatrice de l’État de New-York. La paix reste un enjeu majeur alors que les guerres et les tensions internationales restent importantes. Qu’il s’agisse de la situation à Gaza, des tentations impérialistes de la Turquie face à la Grèce ou encore de la situation au Haut-Karabagh.

Ailleurs, des peuples ont réussi à imposer d’autres choix. En Amérique latine où le peuple chilien, à plus de 78 %, s’est débarrassé de la constitution de Pinochet. En Bolivie, avec la victoire éclatante du MAS. C’est aussi la résistance de Cuba et du Venezuela face aux blocus criminels et actions terroristes. L’Amérique latine s’inscrit, à nouveau, dans la voie de la transformation progressiste. Saluons aussi le grand mouvement féministe qui a déferlé sur la Pologne sur la question de l’avortement et mets en grande difficulté la politique du gouvernement d’extrême droite. Notre solidarité avec leur combat est absolue.

Et en France, mobilisons nous à l'occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, sur les deux temps forts : le 21 novembre à l'initiative de « Nous toutes » et, bien sûr le 25, à manifester lorsque cela sera possible.

L’actualité est aussi nationale. Elle a été marquée ces dernières semaines par l’accumulation d’événements dont nous devons analyser la portée.

Notre pays, a subi une vague d’agressions terroristes, plus ignobles les unes que les autres, contre des salariés de l’agence Premières lignes devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, contre le professeur Samuel Paty et contre trois fidèles catholiques, à Nice. Commis par des terroristes islamistes, ces crimes ont provoqué l’effroi et le dégoût. En s’en prenant à la presse, au monde enseignant, aux croyants, le terrorisme islamiste révèle son projet de semer la terreur et diviser notre pays. C’est pourquoi, notre réponse doit appeler à l’unité du peuple, à la tolérance et à faire triompher une République sociale et démocratique.

Car chacune de ces attaques a aussi fait l’objet d’une surenchère guerrière, politique, parfois un déchaînement de violence, par les mots et même par les armes, des courants identitaires, racistes et fascistes. (sur notre siège) Nous ne pouvons pas sous-estimer la gravité de la situation. Ni la menace islamiste ni la manière dont la droite et l’extrême droite l’utilisent pour gagner le pouvoir, au risque de faire basculer le pays dans un cycle de haine et de violences. Notre parti doit prendre toutes ses responsabilités pour faire reculer la montée de l’islamisme tout en faisant respecter l’État de droit, organiser la reconquête de la République, en actes et non en paroles, par la justice sociale, la démocratie, la liberté, l’égalité, la fraternité, la paix et la coopération internationale.

Nous devons approfondir le débat au sein du parti, tant un climat délétère est en train de s’installer en France, véhiculant sur les réseaux sociaux, et dans les consciences les pires idées, y compris chez nous. Refusons tout amalgame entre, musulmans et islamistes. Des musulmans qui dans le monde sont les premières victimes des attentats islamistes. Il faut combattre l’assimilation du terrorisme à l’islam et à l’immigration. ( visite Macron Perthus, séparatisme).

Il faut aussi travailler à assécher le terreau sur lequel prospère le terrorisme.

Et au cœur de la République sociale et démocratique à restaurer, il y a l'école publique, visée par l'assassin de Samuel Paty, affaiblie encore davantage par l’exécutif dans la crise sanitaire, qui doit faire l'objet d'une mobilisation à la hauteur du rôle qu'elle tient dans notre projet d’émancipation. L'hommage à Samuel Paty, l'engagement de nos enseignants qui tiennent la République debout et leur courage dans la situation sanitaire méritent mieux que les saillies « contre l’islamogauchisme » et les petits calculs libéraux du ministre Blanquer. (Mobilisation du 10 novembre)

Dans un tel climat, il est nécessaire d’affirmer un double objectif : celui de combattre l’intégrisme et toutes les formes de fascisme, et affronter les offensives qui cherchent à profiter du contexte pour encourager les stigmatisations racistes ou religieuses, s’attaquer à ce qui fait le vivre ensemble dans notre société.

De même, les questions de sécurité revenant sur le devant de la scène, notre parti formulera des propositions d’ici quelques semaines sur ce thème. Olivier Dartigolles, missionné sur ce sujet, anime un groupe de travail et nous présentera prochainement ses travaux. Notons sur ce point que plutôt que d’accepter un contrôle démocratique des forces de l’ordre, essentiel car elles disposent du monopole de la violence légitime, avec l’interdiction de les filmer, le gouvernement laisse le champ libre à la minorité d’agents qui commettent des violences policières.

La situation sanitaire

La colère populaire franchit un palier supplémentaire avec la gestion catastrophique de la pandémie de Covid-19 par le pouvoir. Ainsi notre pays de 66 millions d’habitants enregistre 37 435 morts de ce virus depuis le début de la pandémie, alors que l’Allemagne, pays de 88 millions d’habitants en compte 11 000, c’est bien parce que la stratégie sanitaire a été inefficace et que notre système de santé a été considérablement affaibli. Nous sommes le 7ème pays au monde qui enregistre le plus de décès.

Oui, la responsabilité du gouvernement est énorme et notre santé est laissée entre les seules mains de l’exécutif. Malgré tous les efforts de nos soignants les graves difficultés sont dues aux 100 000 lits supprimés ces dernières années, aux services d’urgences et des hôpitaux de proximité fermés, aux milliers de médecins, infirmiers, aides-soignants non formés et au refus d’embauches massives. Et ce gouvernement n’a pas été en reste avec 7 500 lits fermés en 2 ans.

Le gouvernement a fait le choix d’un confinement très libéral qui privilégie l’économie au détriment de la santé ! Doux pour les entreprises du CAC 40, juteux même pour les GAFA mais extrêmement dur pour les petits, pour les commerçants, comme pour les ouvriers, les enseignants, tous ceux qui sont exposés à la maladie.

Au vu de la rapidité des contaminations le confinement actuel risque donc d’être insuffisant, il en faudrait un plus important (proposition F Roussel).

Il est aussi irresponsable de la part du ministre de la Santé de pointer une culpabilisation insupportable de nos concitoyens qui sont obligés d’aller travailler et de s’entasser dans les transports alors qu’un tiers des clusters se situe dans les entreprises. Alors oui, il faut limiter le travail aux activités économiques et culturelles indispensables, avec une politique de tests qui s’accompagne d’une vraie prise en charge et d’un isolement des personnes positives ou cas contact. Se pose évidemment la question d’une véritable démocratie sanitaire face à des décisions prises par un exécutif isolé, un conseil de défense, sans débat, sans construction partagée avec les forces vives du pays : Parlement, bien sûr, mais aussi forces syndicales et politiques, acteurs économiques, associatifs, culturels, sans oublier les élus locaux.

Pour leur santé, les Français sont prêts à accepter des décisions difficiles si les consignes sont cohérentes, les mêmes pour tous, et qu’elles ne changent pas tout le temps.

Nous pouvons aussi relancer la campagne sur la gratuité du masque, devenue encore plus incontournable.

Poursuivons la bataille pour la reconquête et le renforcement des moyens de l’hôpital public, encore affaibli durant la pandémie (pétition, affiche... formes diverses). Nous voyons la colère populaire et les risques d’aventures politiques dramatiques qu’elle peut induire, si nous ne la nourrissons pas d’un contenu progressiste et radicalement transformateur. Ceci suppose d’affronter la formidable bataille idéologique en cours, qui vise à épargner la responsabilité du capital et des dirigeants actuels dans cette crise. Une responsabilité qui trouve des traductions concrètes dans le projet de loi de finances pour 2021, comme dans le prétendu plan de relance, qui vise bien davantage à relancer les profits qu’à sécuriser l’emploi, protéger les TPE et PME des conséquences de la pandémie ou lutter contre le chômage, et la pauvreté.

Pour ne citer que cet exemple, sur les 100 milliards du mal nommé « plan de relance », il y a encore un cadeau pour les grandes entreprises avec les 20 milliards de suppression des impôts de production. Cela alors que se succèdent par dizaines les plans de suppressions d’emplois, d’activités productives, de démantèlement de filières entières, à l’image de l’aérien ou de l’automobile.

La violence de la crise économique ne nourrit pas naturellement, nous le savons, la conscience de classe et l’esprit de combat face au patronat, si nous n’y opposons pas un projet et des propositions crédibles et en rupture totale avec les vieilles recettes libérales. Montrons qu’il y a une autre voie que la guerre économique et la course aux profits alors que tant de besoins ne sont pas satisfaits dans la société et que l’urgence climatique n’a jamais été aussi prégnante

Tout cela conforte les décisions prises par notre CN, début septembre, pour que nous menions, partout et à toutes les échelles, la bataille pour sécuriser l’emploi et la formation et pour la reconquête industrielle, en France comme en Europe, sur le contrôle de l’argent et de nos moyens de production, pour nos services publics. Tout cela a été au cœur de la mobilisation pour l’emploi lancée avec succès les 9 et 10 octobre derniers.

Cette bataille est essentielle au cœur d’une crise qui va s’avérer plus dévastatrice encore dans les prochains mois. Essentielle pour la jeunesse notamment, première victime de cette double crise sanitaire et économique. Tournons-nous résolument vers elle, avec notre mouvement de jeunesse.

Les conditions sanitaires imposent évidemment des actes militants adaptés. Mais elles n’empêchent pas une intervention communiste déterminée et de haut niveau. Les semaines qui viennent vont être décisives, tant du point de vue de la bataille idéologique à mener que des initiatives politiques à faire grandir pour donner une issue de progrès à la colère populaire qui grandit.

Dans un contexte de confinement, même partiel, l’intervention communiste va s’avérer une fois encore plus complexe à mettre en œuvre. Complexe, oui, mais pas impossible, si nous mobilisons ce qui fait la force première de notre parti, je veux parler des adhérents.

Cela passe d’abord par un effort de toutes nos directions pour renforcer les contacts et le dialogue avec ces milliers de camarades, confrontés eux aussi aux conséquences des crises que nous vivons, tant du point de vue idéologique que d’un point de vue matériel. Nous avons besoin d’aller les voir, de prendre de leurs nouvelles, de leur apporter aide et soutien quand c’est nécessaire.

Prenons le temps de les voir, de les contacter, un à un, pour manifester notre solidarité, pour discuter avec tous de la situation politique dans le pays et dans le monde.

Nos adhérents sont confrontés aux mêmes angoisses, aux mêmes colères, que l’ensemble de nos concitoyens. Alors, prenons la décision d’avoir un contact physique ou téléphonique avec chacun d’entre eux d’ici la fin de l’année. Ce sera aussi l’occasion de mieux sentir, de mieux apprécier l’état de nos adhérents, l’impact des médias et des réseaux sociaux sur leur réflexion. Ce sera, surtout aussi, l’occasion de cultiver cet espoir et cette solidarité qui sont au cœur de notre engagement communiste.

Préparation congrès

Notre congrès selon nos statuts doit se tenir en 2021, va avoir à mener sa réflexion et ses échanges à la hauteur d’un contexte à bien des égards historique.

CN : définir des pistes de travail pour nous permettre collectivement de réfléchir aux questions à partir desquelles les communistes vont avoir à débattre de leur orientation et à construire leur unité, dans le but d’aboutir à la base commune qui sera soumise à leur vote.

Dans une situation qui rend singulièrement compliquée la vie du parti, se pose la question des modalités démocratiques grâce auxquelles les communistes pourront le mieux s’approprier les discussions et les choix, en clair exercer pleinement leur souveraineté.

Vérifier si la feuille de route que nous nous étions donnée, en nous fixant de grandes priorités de redéploiement de notre activité, est à la hauteur des nouveaux défis du moment politique présent. Et, sur cette base, de permettre aux communistes de mesurer le chemin parcouru, pour mieux apprécier celui qu’il reste à emprunter.

Trois grands champs de réflexion

Le premier, d’évidence devrait porter sur l’état du monde. L’épidémie de Covid-19 a fini de révéler la crise de civilisation qu’affronte l’humanité.

Le second champ de réflexion porte sur la France : analyser le moment politique et historique que nous abordons, ses enjeux sur le court et moyen terme, les recompositions que connaît le capitalisme français et la manière dont celles-ci pèsent sur et dans sa crise dont nous devons approfondir les diverses dimensions de la crise française.

L’échéance de la présidentielle et des législatives est le troisième champ de réflexion même si elle ne saurait devenir l’unique enjeu de notre congrès, sous peine d’écraser les débats essentiels qu’appelle la gravité du moment. Reste que sa proximité et son importance demandent que nous la traitions avec soin.

Ajoutons à ces trois champs de questionnement que la conclusion logique devra en être la construction et le renforcement de notre parti. Le texte du 38ème Congrès s’achevait par de grandes propositions de transformation du PCF et par cinq grandes priorités d’organisation. Ce pourrait être un quatrième champ de réflexions.

Deux aspects essentiels :

  • La méthode de travail et le calendrier que nous allons adopter, devenu très complexe de par la période que nous vivons.
  • Il nous faut malgré tout réunir les conditions du débat le plus démocratique, prenant en compte la diversité des opinions et des expériences, recherchant l’implication maximale les adhérentes et adhérents.

Dans la configuration de confinements à répétition et d’impossibilité qui nous est faite de faire fonctionner normalement nos instances, le grand danger serait qu’une partie des communistes ne se trouve pas impliquée par la préparation de leur congrès. Il est, par conséquent, décisif que tous les efforts soient déployés, et que le temps nécessaire soit pris, afin que toutes et tous soient informés, consultés, associés à la discussion préparatoire. Face à une situation à ce point chamboulée, nous avons besoin d’un congrès à la hauteur de la crise en 2021.

Nos statuts prévoient que, les thèmes de discussion et les questionnements ayant été fixés, le Conseil national lance un appel à contributions durant un mois, celles-ci étant mises à disposition de tous les adhérents, avant que ne s’engage l’élaboration d’un projet de base commune.

Nous pourrions, lors d’une première phase, ainsi que nous l’avons déjà fait, ouvrir à cette fin un site Internet dédié, et aller plus loin, par une consultation des communistes et de premières contributions de leur part sur les priorités du congrès fixées par le Conseil national.

Mais se pose encore à nous l’épineux problème des incertitudes pesant sur le calendrier d’organisation du congrès.

Les menaces de nouvelles vagues épidémiques se couplent avec celles qui hypothèquent la tenue des élections régionales et départementales, initialement prévues pour le mois de mars.

Vous le savez, le gouvernement a confié à Jean-Louis Debré, une mission chargée, après consultations des partis et institutions concernées, de statuer sur la date de l’échéance électorale. Il semble que l’on s’oriente vers un report en juin 2021, mais cela reste à confirmer.

Chacun voit bien à quel point cela percute notre propre processus interne. Nous sommes menacés de voir se prolonger les restrictions du droit de se réunir l’hiver prochain. Le report possible des régionales et des départementales, quant à lui, aurait pour conséquence de faire démarrer la campagne électorale en avril ou mai, avec les contraintes qui en découleront pour des sections et fédérations qui y seront d’autant plus impliquées que la bataille s’annonce rude.

Il paraît dès lors difficile d’arrêter définitivement notre calendrier aujourd’hui.

Diverses hypothèses sont envisageables :

  • tenir le congrès avant la campagne des régionales et départementales si celles-ci sont reportées en juin ;
  • envisager alors, si la crise sanitaire nous l’imposait, des modalités de participation « à distance » des délégués, ce qui appelle cependant réflexions sur les moyens de garantir le plein exercice de la démocratie ;
  • convoquer le congrès juste avant les vacances d’été, soit tout de suite après les échéances électorales de 2021 si elles se tiennent en juin, afin d’être en ordre de bataille à la rentrée de septembre ;
  • le réunir à l’automne, avec la difficulté que les campagnes de 2022 auront alors été lancées ;
  • ou encore découpler les décisions sur la présidentielle et les législatives de la tenue du congrès…

Pour pouvoir décider au mieux : Le CN a confié à Marie-Jeanne Gobert de conduire une mission de consultation des fédérations, dans le but de permettre au prochain Conseil national, qui pourrait se réunir le 12 décembre de construire un calendrier de préparation du congrès dans les meilleures conditions. A partir de cette clarification nécessaire nous pourrions élire la commission du texte et la commission de transparence des débats.

Nota débat du CN :

Ne pas se précipiter, impossible de réunir les communistes dans de bonnes conditions, pour d’autres le faire au plus tôt en lien avec la candidature communiste aux Présidentielles. Opposés à la précipitation : nécessité d’approfondir certains débats de fond qui ne sont pas tranchés en interne exp SEF , salaire à vie, revenu universel, sur féminisme et écologie. Problématique soulevée de certains reculs dans le parti sur la prise en compte en interne de la diversité pour laquelle nous avions pourtant bien évolué ( mise à l’écart, repli identitaire…)

Compte rendu synthétique des débats du conseil départemental

Débat premier point. Plusieurs sujets ont été évoqués, l'état sécuritaire et liberticide, l'islamo- gauchisme, les mesures de la pandémie, les questions liées à la vie du Parti dans ce contexte et aux attentes des communistes. Sur ce dernier point nous avons débattu de l'impérieuse nécessité de garder le contact avec tous les communistes. Le contact téléphonique et les courriers restent les plus pratiques pour garder le contact et être à l'écoute dans cette période. Des visites, dans certains cas, peuvent être faites. Nous devons inciter les sections à mettre en œuvre une écoute sur les différentes demandes que pourraient exprimer les communistes.

La pandémie, il nous faut être vigilant sur la situation et notamment les arguments qui tendraient à minimiser les mesures à mettre en œuvre pour lutter contre la COVID. Le port du masque, le confinement, tout ceci reste des mesures indispensables à la lutte pour contenir le risque d'une contamination, qui serait bien plus meurtrière sans ces mesures. Dans ce débat il est important de s'élever au dessus des polémiques et de combattre les idées complotistes qui consisteraient à nier l'importance de cette pandémie et nous ne savons quel complot de l'État ou des capitalistes. La polémique qui s'est engagée pour la réouverture des commerces non essentiels, ou petits commerces, n'est pas non plus le bon niveau à ce débat si ce n'est la critique à exprimer en direction de ce gouvernement, incapable de mettre en œuvre une véritable politique de justice sociale.

Il nous faut être clair dans nos interventions et l'on peut se féliciter qu'à contrario de beaucoup d'autres leaders et formations politiques Fabien Roussel prône un véritable confinement qui permettrait de sortir de cette spirale de vagues successives.

Les attentats islamistes ont eu une onde de choc particulièrement dévastatrice dans les consciences et la gauche n'a pas été épargnée par ce repli qui s'est opéré au constat de ces actes ignobles. Nous l'avons constaté jusque dans notre Parti. Le terme « d'islamogauchisme » pour stigmatiser et « complicité intellectuelle du terrorisme » pour criminaliser ceux qui veulent donner du sens à ces actes, ne sont pas à prendre à la légère dans la bouche des membres du gouvernement. Ces attentats ont aussi considérablement abîmé les consciences à gauche, c'est la raison pour laquelle nous avons à nous ouvrir sans complexe à ce débat que certains tentent d’attiser en instrumentalisant l'idée de laïcité.

Sur le second point soulevé par le rapport / préparation du congrès : le conseil départemental s'est exprimé prudemment sur la façon d'aborder le congrès et la question de l'élection présidentielle. Pour les membres du conseil départemental il faut dissocier le débat et nos décisions pour ces élections des débats et du calendrier que nous devons avoir en vue du congrès de notre Parti. Il faut donc préparer deux temps un pour la stratégie et les orientations qui permettront d'aborder le calendrier électoral et le débat sur la candidature à la présidentielle et prévoir un échéancier qui mènera à notre congrès national.

En outre une question s'est posée sur le débat soulevé au dernier congrès concernant une candidature communiste pour la présidentielle. Cette orientation ne relève pas selon certains membres du CD d'une décision de congrès tranchée. Même s'il est indiqué dans nos orientations « qu'il sera mis en œuvre les conditions d'une candidature communiste à la présidentielle ».

Sur le calendrier plusieurs options on été explorées. Il ressort de ce débat, une dissociation de ces deux moments afin que ces deux questions puissent être traitées en profondeur sans que l'une prenne le dessus sur l'autre. Pour autant la pandémie et ses conséquences vont jouer sur ce calendrier et notamment en fonction du report des élections départementales et régionales, d’un confinement plus ou moins strict qui ne permettrait pas d'organiser notre congrès dans des conditions acceptables et conformes à nos pratiques.

L'hypothèse d'une dissociation (Élection présidentielle et congrès) est retenue par notre conseil départemental. Une conférence nationale en début d'année (février) pour examiner le contenu programmatique et une candidature à la présidentielle, un congrès national en fin d'année (novembre), pourrait être la meilleure option dans le cas du report des élections régionales et départementales en juin.

Sur nos orientations de congrès, le CD propose de poser les bases d'un débat d'orientation profond et construit partant du local. Les transports avec le RER catalan, l'emploi, le renforcement de notre parti, etc. De traiter les questions que la covid a fait émerger de façon encore plus prégnante comme les services publics, la jeunesse, la taxation des produits financiers, les violences faites aux femmes, l'économie mondialisée, etc. Des orientations font aussi débat dans notre Parti comme la sécurité d'emplois et de formations, le salaire à vie, le revenu universel, le nucléaire, féminisme. Toutes ces questions se posent dans le contexte d'un renouvellement de nos pratiques politiques, de notre capacité à nous organiser.

À la demande du CD David Arabia a fait un point sur la situation nationale de la JC et de L’UEC.

La situation nationale de la JC et de l’UEC est plus que préoccupante, elle est catastrophique. Depuis des années, il y a un conflit ouvert entre la JC et l’UEC qui aujourd’hui prend des proportions graves.

Ce conflit interne vient d’abord des désaccords politiques profonds. Depuis des années il y a deux visions de la société, de la jeunesse, qui s’affrontent au sein de la JC et qui amènent par conséquent des désaccords de fond notamment sur les revendications qui peuvent être portées. L’exemple du salaire étudiant, porté depuis des années par l’UEC, est flagrant car il est attaqué en permanence par la JC.

Un autre aspect de ce conflit : les questions féministes et notamment celle des violences sexistes et sexuelles en interne. L’UEC a toujours pris ses responsabilités sur ces questions, notamment par la voix de Marie Jay, ancienne secrétaire nationale à l’organisation et membre de la commission féministe du Parti, qui a fait remonter les problèmes et les a réglés. A l’inverse la JC au mieux n’a rien fait et au pire a couvert certaines affaires.

Il est normal et même souhaitable qu’il y ait des débats de fond dans une organisation. Le problème est que l’on n’a jamais permis un cadre sain pour avoir ces débats. Bien au contraire. La JC s’est enfermée dans une lutte intestine et a multiplié les coups bas, les intimidations et les manœuvres violentes pour asseoir sa domination sur l’UEC. A titre d’exemple, sur les questions féministes la JC n’a rien trouvé de mieux à faire que d’exclure Marie Jay, secrétaire à l’organisation de l’UEC dont je parlais plus haut. Il faut aussi savoir que l’année dernière un membre de la direction nationale de l’UEC a été agressé physiquement par un responsable de la JC à Colonel Fabien. Ils ont dû être séparés par Emilie Lecroq et le camarade de l’UEC a eu plusieurs jours d’ITT et a déposé plainte. Un autre camarade de l’UEC a reçu des menaces du même dirigeant de la JC. Après le congrès de 2019 des membres du CN de l’UEC ont été exclus par la JC permettant ensuite à la JC de déclarer le CN de l’UEC comme hors des statuts puisque accueillant des personnes non adhérentes de la JC.

Voilà la situation qui s’est dégradée de jour en jour depuis des années avec les attaques et le harcèlement permanent de la JC à l’encontre de l’UEC. Ce sont tous ces éléments là qui nous amènent à aujourd’hui. La JC tente de porter le coup fatal à l’UEC en démettant l’ensemble du CN de l’UEC de ses fonctions et en créant une UEC bis. On se retrouve aujourd’hui avec deux secrétaires nationales de l’UEC et finalement deux UEC. Je considère qu’il y a en a une légitime, qui milite depuis des années sur des dizaines d’universités, qui a fait signer plus de 6.000 étudiants pour un revenu étudiant depuis la rentrée de septembre et qui a réélu sa direction nationale en octobre et une factice créée de toute pièce par la JC début novembre.

Face aux agissements de la JC 13 fédérations ont décidé de réagir, et parmi elles, certaines des plus importantes (en termes d’activités militantes et d’adhérents) : Val de Marne, Seine Saint Denis, Bouches-du-Rhône, Bas-Rhin. Mais aussi : Gard, Vaucluse, Hérault, Sarthe, Drôme, Isère, Loire Atlantique, Marne et évidemment les P.-O. Ces fédérations ont fait savoir publiquement qu’elles ne reconnaissaient pas cette UEC bis comme légitime.

Je pense que c’est essentiel que le Parti, jusque dans les fédérations, se penche sur cette question. Il faut savoir que nationalement le Parti a initié des rencontres entre la JC et l’UEC mais qui jusque-là n’ont malheureusement abouti à rien. Il me semble important d’en parler d’abord parce que la JC et l’UEC sont des outils précieux qui forment les futurs militants du Parti et qui lui permettent de s’adresser à la jeunesse. Également parce que cette situation a des répercussions dans les fédérations. Je pense que si la JC66 est en difficulté aujourd’hui c’est en partie à cause de cette situation nationale qui n'aide pas au développement des fédés. Et enfin, cela me paraît important parce que l’UEC n’est pas une émanation de la JC. L’UEC telle qu’on la connaît aujourd’hui c’est le Parti qui l’a créée. On a donc besoin d’un Parti qui défende une UEC structurée, autonome, qui puisse faire vivre ses propres campagnes, ses propres revendications sur les universités, en restant évidemment en lien avec la JC et le Parti, comme c’était le cas jusqu’à maintenant.

La proposition formulée en exécutif est que notre fédération interpelle la direction nationale du Parti dans ce sens, en faisant part de notre inquiétude et de notre souhait que l’UEC puisse continuer à travailler dans de bonnes conditions.

Débat :

Dans les interventions des membres du conseil départemental il ressort la volonté de faire respecter la légitimité de ces deux organisations. Le schisme qui secoue ces deux organisations est préoccupant et doit nous interpeller dans leur origine. Un courrier sera adressé pour interpeller la direction nationale du Parti. David est proposé pour élaborer une proposition.

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.

 
44 Avenue de Prades 66000 Perpignan Tél: 04.68.35.63.64