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Déclaration liminaire de la FCPE des Pyrénées-Orientales au Conseil Départemental de l’Education Nationale (CDEN)

Monsieur le directeur académique des Pyrénées-Orientales,
Madame la vice-présidente du Conseil départemental des Pyrénées-Orientales,
Monsieur le sous-préfet des Pyrénées-Orientales,
Mesdames et Messieurs les membres du CDEN,

Cette année 2020 se termine, enfin, cette année si particulière de la pandémie mondiale se termine ! La Covid-19 aura changé beaucoup de choses, nous aura appris le numérique, l’école à distance, mais aura accru les faiblesses du système scolaire. Des promesses pour 2021, des promesses seulement !

Seules les difficultés demeurent. Dans l’école publique de la République, rien de nouveau, les espérances s’épuisent !

Nous nous retrouvons en cette dernière séance du Conseil Départemental de l’Éducation Nationale de cette année difficile, pour rappeler que l’école n’est plus une source de bonheur, de joie, et de réussite pour tous les enfants, mais une source aux multiples dangers. Les parents d’élèves que nous représentons, sommes toujours aussi inquiets pour la jeunesse de notre pays. Nous attirons, en particulier, votre attention sur la situation des élèves de terminale. L’épuisante réforme du lycée ne résiste pas au choc de la crise sanitaire, nos enfants en font les frais et ce n’est pas acceptable. Augmentation de la charge de travail personnel, appropriation des programmes plus difficile avec la raréfaction des interactions avec les professeurs, incertitudes sur la pondération des notes et la prise en compte du contrôle continu...dans ces conditions, comment ces lycéens peuvent-ils construire sereinement leurs projets d’orientation pour l’année prochaine ? A l’heure où nous vous parlons, ils ont non seulement rendez-vous avec Parcoursup mais aussi malheureusement, avec l’inégalité des chances et des droits. La crise sanitaire met à mal l’accompagnement à l’orientation. La jungle des contenus des enseignements, des compétences et connaissances attendues, ainsi que des critères généraux d’examen des vœux, approfondit les inégalités socio-scolaires.

Et la FCPE s'interroge sur la continuité pédagogique actuelle pour les lycéens. En effet, 1 semaine sur 2, pour la plupart des lycées, nos enfants n'ont pas cours, seulement de longs exercices sans leçon. Et ces semaines alternées sont plutôt vécues comme des micro- vacances et vont accélérer le décrochage scolaire de certains.

De plus, dans le contexte actuel, nos adolescents fragilisés ont besoin de lien social que leur apporte la fréquentation du lycée.
D'autres solutions auraient pu, et auraient dû, être envisagées dans l'intérêt de nos enfants.
Un droit effectif à la réussite pour tous suppose des aides pédagogiques, matérielles et médico-sociales pour que chacun puisse étudier dans de bonnes conditions.

Malheureusement, le tri scolaire et social des jeunes poursuit sa logique implacable.

Ensuite, à quatre jours de la fermeture des établissements scolaires pour les vacances de fin d’année, le Premier ministre a annoncé mardi 15 décembre au micro d’Europe 1, une mesure pour le moins déconcertante : « À chaque fois que cela est possible, surtout si on doit recevoir à Noël des personnes vulnérables, (…) si vous pouvez ne pas emmener vos enfants à l’école jeudi et vendredi (…), vous le faites ». Au départ, c’est bien le Conseil scientifique, qui, le 14 décembre publie, une note d’éclairage, pour « accompagner une fin d’année pas comme les autres ». Les experts plaident notamment pour un « autoconfinement » d’une semaine.

En ce qui concerne les établissements scolaires, deux propositions étaient envisagées pour permettre de limiter au maximum la diffusion virale dans la semaine qui précède les repas de réveillon : « renforcer les mesures barrières à l’école et dans les lycées la semaine du 14 décembre notamment dans les périodes à risque des repas où les enfants ne portent pas leur masque ; laisser une tolérance aux familles qui le peuvent et qui le souhaitent d’élargir de 2 jours la période des vacances scolaires afin que l’auto-confinement de 1 semaine soit également possible pour les enfants. Il est donc recommandé de ne pas pénaliser les absences scolaires des 17 et 18 décembre. »

Au contraire, le gouvernement choisit cette deuxième option et suscite incompréhension et exaspération chez les parents d’élèves ; et entame la confiance déjà particulièrement mise à mal, avec une gestion de l’épidémie extrêmement problématique déjà. Autre interrogation : pourquoi les élèves devraient s’autoconfiner une semaine avant de passer du temps avec leurs proches vulnérables, quand depuis des mois, le ministère explique que les écoles ne sont pas des clusters, que les contaminations n’y sont pas importantes ? Et quid des inégalités scolaires accrues avec encore des heures de cours en moins pour les élèves ? En septembre, le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a martelé cet argument pour justifier la réouverture des établissements scolaires.

Comme depuis le début de l’épidémie, l'État continue de manquer à ses devoirs, les classes restent surchargées, les remplacements des enseignants deviennent un véritable cauchemar, l’inclusion des élèves handicapés n’est pas gérée correctement, les masques ne sont pas changés régulièrement et les mains ne sont pas toujours correctement lavées, les restrictions budgétaires amènent à de nouvelles coupes tous les ans dans les DGH. En un mot, il n’y a plus de moyens dans l’école !

Et plutôt que de faire un référendum de plusieurs millions d’euros et qui ne sert à rien, puisque la charte de l’environnement a valeur constitutionnelle, le président de la République serait mieux inspiré d’investir ces millions dans l’école en particulier pour permettre la réussite de tous les enfants et faire en sorte que l’école publique soit celle de tous les élèves.

La FCPE reste mobilisée pour un système éducatif et scolaire où chaque jeune peut choisir et construire son avenir.

Nous vous remercions de votre attention.

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