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Le billet d’Yvon Huet. L’essence ? Ciel !

Lorsque Roseline Bachelot s'apitoie sur ses gentils petits artistes tous malheureux dans sa main de ministre de la « Culture » on se demande si on est descendu au fond du puits de pétrole, âne macronien de très mauvaise qualité disent les mauvaises langues (pardon aux ânes).

On ne peut que constater, après neuf mois de confinement qui risquent d'être prolongés d'autant de mois vu la ténacité de la pandémie, une véritable offensive contre le monde de la culture vivante.

Soit dit en passant, je ne sais pas ce qu'est une culture qui ne serait pas vivante, même celle qui sort les trésors de l'histoire sur les chantiers de l’archéologie.

On aurait pu croire que l'État et ses mécènes auraient redoublé d'imagination pour permettre aux artistes de se produire dans des conditions de sécurisation suffisantes, c'est à dire sur une marge d'horaires et de structures adaptées à la nécessité de la distanciation et de la protection de chacun, obligeant aussi les entreprises à laisser leurs salariés profiter d'un bol d'air frais culturel. Certaines collectivités territoriales ont couramment essayé. Mais les directives préfectorales ont fait voler en éclat cet effort.

Pendant ce temps, les grandes surfaces et le commerce numérique ont fait explosé les bénéfices pendant que les centres culturels, les cafés associatifs et tous les lieux de convivialité sont restés dans la nuit du silence des oiseaux.

Les librairies ont eu un peu plus de chance, mais il a fallu batailler fort pour exiger leur réouverture. Nous savons que les libraires et éditeurs indépendants sont les « bijoux de famille » que bien d'autres pays nous envient. Mais ils sont fragiles et je défie quiconque de me prouver qu'un éditeur ou un libraire s'enrichit. En fait il dépasse largement les 35 heures pour ne gagner en fait qu'un petit salaire au vu de son investissement personnel (pour l'écrasante majorité d'entre eux). Un prolongement de leur interdiction d'ouvrir aurait sonné le glas d'un engloutissement dans la mer du néant.

Hier matin à Céret, c'était « la Fête du Gras », une tradition qui permet aux artisans des petits plaisirs qu'on se fait de vendre leurs produits locaux. Une petite enclave dans les interdits habituels, mais côté centre culturel, le silence est devenu assourdissant et le cinéma est muet comme une carpe.

L'année 2021 sera-t-elle celle de la mort de la culture au profit du cultuel puisque les églises peuvent, elles, ouvrir leurs portes aux fidèles ?

Souhaitons une année exceptionnelle aux professionnels de la culture qui devraient, vu le sort qu'on leur fait, être les premiers à obtenir l'immunisation vaccinale gratuite et fiable pour pouvoir repartir à la conquête de la liberté de créer et d'interpréter les arts. Je sais que certains ont peur de se faire piquer. Mais, en ce moment, ce qui nous pique, c'est une société de l'interdit et de l'étouffement qui annonce l'émergence d'une dictature qui ne dit pas son nom.

Tout doit être utilisé pour stopper cette marche macabre vers l'insoutenable. En cette fin d'année, sachons protéger notre santé pour repartir de plus belle à la conquête de notre liberté culturelle sans laquelle le mot liberté n'est qu'une vue de l’esprit.

Yvon Huet

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