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Armes de mort, œuvres de vie

Voici un considérable événement : ce 22 janvier entrait en application le Traité international d’interdiction des armes nucléaires (TIAN). Fruit d’une intense activité menée par plusieurs organisations récipiendaires du prix Nobel de la paix, ce texte a été adopté par l’Assemblée générale des Nations unies il y a cinq ans grâce au vote de 122 pays, avant d’être signé par 86 d’entre eux. La voie était ainsi ouverte à une adoption définitive par l’ONU nécessitant la ratification de 50 États. C’est aujourd’hui chose faite. Le traité a ainsi force de loi : les armes nucléaires sont désormais jugées illégales au regard du droit international.

Évidemment, les neuf États détenteurs de ces arsenaux d’anéantissement de l’humanité ont refusé d’apposer leur signature au bas du traité, arguant de l’existence de celui sur la non-prolifération des armes nucléaires conclu en 1968. Or ce dernier tient comme une évidence la dissuasion nucléaire, et maintient les quelques 13 400 ogives nucléaires existantes, chiffre extravagant, qui suffiraient amplement à provoquer une apocalypse atomique. Il y avait donc absolue nécessité de se doter d’un texte bien plus contraignant, traçant une voie résolue, non plus seulement vers la non-prolifération, mais vers la suppression de ces engins de mort.

Face aux États arc-boutés sur des doctrines de défense de guerre froide, les peuples font valoir leurs avis. Et ceux-ci s’avèrent sévèrement opposés au maintien des arsenaux nucléaires. De nombreux États, notamment en Europe, sont poussés par leurs opinions publiques à ratifier ce traité. Des collectivités locales contournent la passivité des gouvernements en adoptant des vœux qui concourent à légitimer la démarche onusienne. Car, en Europe, l’anachronique Organisation du Traité de l’Atlantique-nord (OTAN) qui nous lie aux doctrines de défense du principal fauteur de troubles planétaires, à savoir les États-Unis, persiste à défendre coûte que coûte l’arme nucléaire conçue comme la clé de voute de sa stratégie de défense.

Les décisions des présidents Biden et Poutine de changer leur doctrine en re-signant le traité dit « New-Start » limitant leur nombre d’ogives nucléaires est aussi une bonne nouvelle, marquée du sceau de « l’après-Trump ».  Certes limité dans ses effets, ce traité oblige néanmoins les deux principales puissances nucléaires à diminuer leur arsenal et à une transparence sur celui-ci. Après deux décennies de sape de l’édifice international de non-prolifération, voici que les choses changent dans la bonne direction !

L’expérience d’un 20ème siècle de fer et de feu plaide pour une suppression progressive, concertée et conjointe de la bombe atomique. Le contexte dramatique de l’actuelle pandémie appelle à remplacer la course à la mort par la préservation du vivant. Les sommes colossales englouties à l’échelle mondiale par la dissuasion nucléaire, soit 72,9 milliards de dollars dans le monde et  4 milliards d’euros par an pour la seule France, doivent servir à la santé et à l’éducation. La France dépense 11.415 euros par minute pour cette bombe. Orienter cet argent vers la santé permettrait d’installer 100. 000 lits de soins intensifs dans les hôpitaux, d’acheter 10.000 ventilateurs, d’embaucher 20.000 infirmières et aides-soignantes et 10 000 médecins. La santé ou la bombe : nous avons choisi ! Pour « réaliser enfin l’humanité »,  exigeons la suppression de l’arme atomique.

Patrick Le Hyaric (L’HD, le 28 janvier 2021)

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