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Disparition de Philippe Galano. Hommages de Richard Sanchez, Nicolas Garcia et Freddy Martin

Hommage de Richard Sanchez

Avant c’était la joie,le débat toujours riche, pimenté par ton humour, c’était la fête. Aujourd’hui:non ! La mort est cruelle.

Philippe, tu nous rassembles une dernière fois.

Tu offrais ta main au plus grand nombre, pour lutter, agir, relever les plus hauts défis, au service de l’émancipation de l’humanité, de l’épanouissement de la personne humaine, ce qu’est le communisme.

Tu avais appris à rassembler, à unir. Les différences étaient pour toi une richesse. Dans le combat de classe, dans la défense des plus humbles, pour que les bâtisseurs de culture rencontrent celles et ceux qui en étaient privé.

Il y aura bientôt 18 ans , avec la CGT, à la tête des salariés des ASF, tu manifestais, sur la voie publique, au péage de l’autoroute. Contre le bradage de votre entreprise, contre le saccage de vos acquis.

Tu seras licencié avec, par la suite, Jean-Claude Guy. Gérard Gauby et Etienne Martinville, seront aux aussi victimes de la haine du patronat, des ordres féroces de Fillon, alors Ministre du Travail, crachant sur les décisions du procès qui refuse de vous condamner.

Tu le comprends, la riposte doit prendre une ampleur politique. Avec tes camarades, tu décides d’en appeler à l’opinion publique et de t’adresser à la presse depuis le siège du Parti Communiste.

Tu ne parles pas de toi, le plus lourdement frappé. Tu parles de tes camarades, « obligés, je te cite, de quitter leur maison, arrachés à leur famille », tu dis ta conception d’une ASF au service du développement humain et de celui des territoires.

On croit que tu as fini. Non ! Tu annonces ta décision d’adhérer au Parti Communiste Français.

Les traits de ton visage prennent alors l’empreinte du courage.

Tu le sais, un tel choix ne t’ouvrira jamais la carrière d’un Fillon qui, l’avenir le dira, se remplit les poches d’argent public détourné. Mais tu sais que c’est la réponse la plus cinglante à ce ministre voleur qui veut votre peau de travailleurs honnêtes.

Ce défi, qui appelle le respect, conduira les forces populaires à t’élire Conseiller régional, aux côtés de Colette Tignères -meurtrie de ne pouvoir être ici- puis Conseiller municipal de Cabestany avec Jean Vila.

Assoiffé de savoirs et pour mieux servir les tiens, tu décroches un diplôme universitaire élevé de Sciences économiques et humaines.

A mes côtés pendant 3 ans, puis avec Nicolas Garcia pendant 13 ans  et il y a trop peu de temps avec Freddy Martin, tu deviens et tu es reconnu comme un des tout premiers dirigeants de notre Parti.

Hélène, Eva et Inès, Sylvie, Madame Galano -sa Maman- vous pouvez être fières, chacune où vous étiez, d’avoir partagé l’amour de Philippe. Nous sommes avec vous, avec votre famille.

Nous, tes amis, tes camarades, nous voulons te dire : « Merci, Philippe ! Tu vas beaucoup nous manquer ! Tu nous manques déjà ! ».

Richard Sanchez
Secrétaire fédéral des Pyrénées-Orientales (1998-2007)

Hommage de Nicolas Garcia

Avec Philippe Galano disparait un militant communiste et syndicaliste, un défenseur des causes sociales, ouvrières, humaines justes.

Presque 20 ans nos bureaux ont été côte à côte, des heures et des heures d’échanges, des fêtes partagées à Paris, au Bocal du Tech, quelques engueulades et autant de réconciliations. Nous nous aimions beaucoup !

Faut dire que malgré tes côtés provoq, dilettante, je décide seul… énervants, tu savais te faire aimer, respecter, entendre aussi, car tu défendais toujours les plus malheureux, les opprimés, les défavorisés. Et tant pis si tu ne respectais pas toujours les statuts de notre parti, tu étais un communiste authentique capable de se révolter contre la moindre injustice.

Colette qui a été élu à la région avec toi a très justement écrit que tu « croyais en un monde nouveau d’où seraient bannies toutes les injustices. » que tu « étais de ces hommes rares qui sont prêts à sacrifier leur confort pour un idéal. » C’est tellement vrai, tellement fort !

Le militant énervant, avec son « chien d’ivrogne qui fout des poils partout » comme j’aimais à te chambrer, hantera longtemps les couloirs de la fédé et les allées de la fête du Travailleur Catalan que tu dirigeais et que tu connaissais si bien.

Ces derniers temps la décision de la mairie d’Argelès de s’en prendre au terrain du Bocal du Tech occupait continuellement ton esprit et pour tout dire minait ton moral.

Militant syndical CGT, François Fillon, alors ministre du travail avait décidé de te licencier, suite à des mouvements de grève et des manifestations pour que les ASF (Autoroute du Sud de la France) et l’argent qu’elles rapportaient, demeurent propriété publique et deviennent ensuite gratuites. Tu avais ensuite refusé que l’on prélève ton ADN de militant syndical condamné, comme un vulgaire délinquant sexuel. Nombre de militants syndicalistes, communistes, progressistes ont alors manifesté pour ta relaxe.

Je ne sais ensuite combien de combats tu as mené, combien de squats ouverts pour abriter les déboutés du droit d’asile, les réfugiés politiques…

En 2019, ensemble et avec d’autres, nous avions élaboré le projet génial et d’avenir que nous avions appelait « RER Catalan ». Les cheminots étaient ta seconde famille et comme dans toutes les familles parfois on se dispute, mais tu étais des leurs. Je ne sais pas si petit tu rêvais de conduire des trains, mais en tout cas je suis sûr d’une chose tu aurais aimé être cheminot.

Je n’imagine même pas la douleur d’Eva et Ines, tu les aimais tellement. Pour Hélène qui partageait ta vie c’est l’horreur, le monde s’effondre et pour Sylvie, la maman de tes filles, la tristesse est assurément énorme et que dire de celle de tes parents.

Depuis ce triste dimanche de merde et l’annonce de l’affreuse nouvelle les messages défilent de solidarité, de respect, d’amour, de reconnaissance, tu n’aurais pas aimé ces hommages, toi qui était un vrai humble, toi qui ne croyait qu’en la vie.

Tu nous quittes mon ami, mon frère, mon camarade, tu avais plein d’idées, plein de projets, plein d’amour à proposer, à mener, à donner. Tu m’avais dit : « pars tranquille, je reste encore un peu à la fédé pour aider Freddy à bien appréhender sa nouvelle tâche ». « Putaing » tu m’as menti ! Ce n’est pas cool ! Je sais que tu n’aimais pas l’idée de vieillir mais quand même te faire la belle si jeune, c’est con !

Mais bon tu ne faisais jamais rien comme tout le monde et c’est aussi pour ça que nous t’aimions. A bientôt copain, de celles et ceux qui t’ont connu, rares sont ceux qui t’oublieront… et nous, nous continuerons le combat pour un monde meilleur et plus juste, pour changer la vie, le combat du communiste que tu n’as jamais cessé d’être.

PS : Ah et si tu croises Jean Pierre Bacri dans la stratosphère, un autre pied noir progressiste comme toi, dis-lui bien des choses de notre part. Je suis sûr que vous allez vous poiler.

Nicolas Garcia
Secrétaire fédéral des Pyrénées-Orientales (2007-2020)

Hommage de Freddy Martin

Un Dimanche !

Ne serait-ce pas syndicalement jusqu’au-boutiste de partir un jour de repos hebdomadaire, un dimanche ? Partis un Dimanche, pas n’importe quel dimanche, un 24 Janvier, date anniversaire de la disparition d’un émigré aussi dévoué, cégétiste et communiste, Henri Krazuki. Et nous sommes réunis là, en ce jour de semaine à une heure qui t’était pourtant inhabituelle ! Faut ’il y voir un signe, un symbole, ou même une blague ? Tu dois sourire de nous voir réunis toi qui aimait tellement rassembler. Tu peux être satisfait de ton dernier baroud d’honneur.

Nul ne peut t’en vouloir d’être partis un dimanche mais c’est au moins 1.000 dimanche trop tôt. Oui, c’est trop tôt. Tu avais pourtant promis, non que dis-je, aux promesses tu préférais les engagements. Car, tu étais un homme d’engagement quasi inarrêtable, inépuisable dans les actions que tu menais face à toute forme d’injustice. Tu avais donc pris l’engagement de m’accompagner le temps nécessaire, rassurant quelques-uns, inquiétant d’autres. Parce que c’est surement ce qui te caractérisait le mieux dans ton altruisme, le fait de ne laisser personne indifférents.

Je suis certain que tu t’en voudrais à toi-même de me laisser là, au bord de ce chemin à l’atmosphère crépusculaire. Mais en guidant mes pas, les images de ton passage omniprésent dans cette demeure des communistes et les lucioles de ta mémoire auront raison de ma frustration ressentie à l’idée que nous cheminions bien ensemble à la lueur du respect mutuel. Cette transmission qui se déroulait pourtant sous de bons auspices s’arrête là brutalement, un dimanche, trop tôt, un dimanche de trop, un dimanche de merde !

Je n’oublierai pas Philippe cette pointe d’humour quand tu me disais, le sourire en coin qu’il fallait se méfier de celles et ceux qui disent qu’il faut se méfier de celles et ceux qui disent.

Alors, nous sommes là si nombreux à écouter de multiples hommages, à ne pas tarir d’éloges à ton égard. Tu observes peut-être, tout ça ne paraitrait probablement pas important à tes yeux alors tu dirais sur un ton râleur ou bougon un dernier, ton dernier : Non mais laisse tomber, on s’en fous de ça ! l’important ou le principal, c’est…

C’est de te dire merci et salut camarade !

Par ma voix et en ma qualité de secrétaire départemental du Parti communiste Français, j’adresse à sa famille, à ses filles, Eva à Ines, à leur maman Sylvie, à Helene, sa compagne, les sincères condoléances de Fabien Roussel, Député, secrétaire national du PCF, de Pierre Laurent, sénateur, Président du conseil national du PCF, des élus communistes régionaux et départementaux, des communistes de la région Occitanie, de la fédération et de tous les communistes des Pyrénées orientales.

Je transmets à présent la parole à deux camarades et amis qui ont comptés dans la vie de Philippe, à l’un de ceux qui fût secrétaire départemental, Richard Sanchez, secrétaire national de l’amical des vétérans puis à celui avec lequel tu as passé le plus de temps à la fédération, Nicolas Garcia, mon prédécesseur, maire d’Elne, conseiller départemental et vice-président du conseil départemental.

Freddy Martin
Secrétaire fédéral des Pyrénées-Orientales (2020-…)

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