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Empêcher le démantèlement d'EDF

Service public. Le projet Hercule ne doit pas voir le jour.

Hercule scinde l’opérateur historique EDF en trois entités étanches. EDF « bleu », 100 % public, réunirait le nucléaire et le thermique (centrales au gaz, charbon…). EDF « azur », lui aussi public, détiendrait la production hydroélectrique (les barrages). Enfin, EDF « vert » coifferait pour l’essentiel Enedis (distribution d’électricité) et les énergies renouvelables. C’est ce dernier pôle, par définition rentable, qui serait ouvert au privé, à hauteur de 35 % dans un premier temps…

Depuis 1946 et la nationalisation du secteur de l’énergie, ce sont les collectivités locales qui possèdent l’ensemble des réseaux électriques. Réunies en syndicat(*), elles travaillent avec Enedis, locataire du réseau, dans le cadre de concessions renouvelées tous les trente ans. Et elles n’hésitent pas à mettre la main à la poche lorsqu’il s’agit des travaux de remise en état.

Aujourd’hui, le réseau d’électricité fonctionne selon le principe de la « péréquation spatiale », ce qui signifie simplement que tous les consommateurs sont égaux face à leur facture. Selon qu’il habite en plein cœur d'une grande ville ou dans un village reculé, tout le monde paie son électricité au même tarif, alors même que les coûts de distribution sont différents.

Si un fonds d’investissement entre au capital d’Enedis, il ne défendra pas le service public et la péréquation, il privilégiera les investissements qui rapportent, au détriment des autres. Lorsqu'il est construit une ligne dans un endroit reculé pour alimenter une maison ou un village, cela coûte plus cher que cela ne rapporte. L'accès de tous à l’électricité ne sera plus assuré.

Enedis, reverse aujourd’hui en moyenne 600 millions d’euros de dividendes par an à EDF. Demain, si des investisseurs privés entrent au capital d’Enedis, ils feront pression pour dégager encore plus de « cash ». « L’attractivité d’EDF "vert" pour des investisseurs financiers exercerait un appel d’air à la hausse du tarif d’utilisation des réseaux(2), de façon à permettre à Enedis de relever le niveau de dividendes versés à sa maison mère », écrit la FNCCR. « Une telle évolution limiterait la capacité d’investissement d’Enedis et aboutirait à un renchérissement du prix de l’électricité lésant les consommateurs. »

Déjà, depuis plusieurs années, le terrain est préparé, les chacals sont là pour détourner le consommateur du tarif réglementé d'EDF en cassant les prix. Si le projet Hercule arrive à son terme, le tarif réglementé d'EDF n'existera plus et là tous les fournisseurs privés d'électricité pourront faire ce qu'ils veulent. Tout les bénéfices leur reviendront puisqu'ils n'ont ni coût de fabrication, ni coût de distribution.

Dominique Gerbault

(1) Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR)
(2) Le tarif d’acheminement (ou Turpe), fixé pour quatre ans et payé par les consommateurs, représente 95  % des financements d’Enedis. Il est aujourd’hui fixé en respectant les principes d’égalité tarifaire, de puissance souscrite et de saisonnalité.

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