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Le capitalisme passe avant le climat

Loi climat. Comment Macron a détourné le travail de la Convention citoyenne pour le climat !

À l’automne 2018, la France est traversée par une crise sociale majeure. La flambée des prix du carburant, aggravée par l’annonce d’une nouvelle taxe carbone, soulève en quelques jours une vague de révolte qui donne naissance au mouvement des Gilets jaunes. Pour faire face à cette contestation, le gouvernement a crée, en avril 2019, la Convention citoyenne pour le climat (CCC), composée de 150 citoyens tirés au sort.

Leur travail aboutit en juin 2020 à 149 propositions concrètes devant constituer le socle d’une loi ambitieuse qui vise à réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 dans un esprit de justice sociale.

« Ce qui sortira de cette convention, je m’y engage, sera soumis sans filtre soit au vote du Parlement, soit à référendum, soit à application réglementaire directe », avait promis Emmanuel Macron. Déjà il avait fait une première entorse à son engagement en supprimant la proposition de la CCC de rétablir l'ISF pour que les grandes fortunes contribuent à la lutte contre le réchauffement climatique. Pas touche au grisbi !

Le projet de loi en débat à l'Assemblée nationale

Le projet de loi sera, dès lundi 29 mars, débattu en séance plénière au sein de l’hémicycle. Il reprend bien les 5 grands thèmes élaborés par la CCC(1) : se déplacer, consommer, se loger, se nourrir, produire et travailler mais sur les 149 propositions formulées par la CCC, seules 46 se retrouvent dans le projet de loi. Le texte ne permet pas à la France de respecter ses propres engagements en matière de politique environnementale.

Les 150 citoyens engagés dans la CCC se sentent trahis. Comment croire en la parole donnée ? Comment avoir foi en la démocratie, la politique ? Le chef de l’État s'est payé des mots. Des mots lourds de sens : citoyenneté, démocratie, confiance. Le président Macron joue avec le feu en abaissant ainsi la parole publique.

Les citoyens n’ont pas dit, eux, leur dernier mot. À défaut d’être respectés dans le cadre d’une convention -qui se solde par une opération de communication- ils veulent se faire entendre partout en France pour exiger « une vraie loi Climat ».

La riposte urgente

Pour la première fois, le 3 février, dans le cadre de l’Affaire du siècle(2), une instance juridique a reconnu officiellement l’État « responsable » de manquements en raison de son « inaction » face à l’urgence climatique…

Au niveau national, plus de 400 organisations se mobilisent pour exiger une loi plus ambitieuse, appelant les députés à renforcer « les articles du projet de loi dans le sens d’une plus grande ambition écologique » et améliorer la « prise en compte des aspects de justice sociale, afin de rendre la transition écologique accessible à toutes et tous ».

L’heure est grave. Nous sommes frappés par une épidémie dont les origines ont tout à voir avec les dérèglements environnementaux, eux-mêmes provoqués par l’exploitation des ressources naturelles à des fins strictement capitalistes. Le modèle capitaliste est en échec pour assurer le bien-être de tous. Seuls ceux qui en tirent profits s'accrochent, ils se mobilisent pour faire échec à « une vraie loi climat » avec la complicité de l’arnaqueur en chef.

Dominique Gerbault

(1) Plus d’informations sur le site officiel de la Convention citoyenne pour le climat.
(2) L’Affaire du siècle est une campagne initiée par quatre associations visant à poursuivre en justice l’État pour son inaction en matière de lutte contre le réchauffement climatique.

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Le capitalisme passe avant le climat

le 28 March 2021

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