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Le billet d’Yvon Huet. Vous avez dit égos ?

Beaucoup de camarades et amis sont excédés par les batailles d'égos qui polluent la pratique de la politique. Ils ont raison. Sauf que cela cache un mal plus profond, celui de rester à la surface des choses et de ne pas aller plus loin que son nez sur ce terrain de la vie. L'élection présidentielle, ce cadeau empoisonné que le Général De Gaulle nous a offert, a favorisé une dérive qui, en cas de crise majeure, aboutit à ce que nous vivons aujourd'hui, l'assurance que rien ne changera dans notre pays si ce n'est en pire à chaque échéance.

Côté communistes, nous avons payé la note et on nous l'enfonce le plus loin possible pour nous expliquer qu'il faut démissionner. Certains camarades, de mes amis, craquent, et je ne leur en veux pas. D'autres s'accrochent à la remontée d'une image à partir d'un homme providentiel. Je ne leur en veux pas non plus.

J'ai suffisamment connu Pierre Laurent pour savoir que c'est un homme sensible capable de pleurer quand il s'aperçoit qu'il lui a manqué quelque chose dans la conduite de son mandat et qu'il a dû laisser la place à un autre. Un humain, comme nous, que des gens comme Mélenchon ont humilié plus d'une fois et que je respecte autant que les autres même si parfois je n'étais pas en accord avec lui sur quelques sujets sensibles. C'est la réalité d'aujourd'hui, les communistes doivent cultiver leurs différences sans s'étriper. Ce n'est pas encore gagné, mais c'est nécessaire.

Je n'ai pas connu Fabien Roussel, mais je vois comment il pratique. Un autre humain, qui s'est effacé pour les élections régionales du Nord non pas pour faire plaisir aux autres, notamment la FI qui passe son temps à se contredire, mais pour ne pas en rajouter à la polémique anticommuniste qui ronge le débat à gauche et pour avancer sur le front général des luttes sans s'engluer dans le bavardage politicien. Il a proposé sa candidature aux communistes sans pour autant fermer la porte aux discussions avec les autres partis, y compris les verts, qui ne sont à gauche que pour des circonstances et s'arrangent de la droite pour d'autres. Fabien Roussel a suffisamment de caractère pour ne pas aller dans le sens des vents mauvais et représenter dignement les communistes. C'est ce que nous lui demandons. Nous ne lui demandons pas d'être l'image d'une idole évanouie du mouvement ouvrier qu'il ressusciterait. Avec lui aussi, je n'ai pas été d'accord avec certaines de ses positions. Et après ? C'est le débat des communistes qui importe et non le terrorisme intellectuel qui fait baver nos adversaires à chaque mot qu'il prononce.

Pour un communiste, se présenter aux élections présidentielles n'est pas une partie de plaisir à flatter son propre égo comme les autres. C'est une façon nécessaire de faire avancer des idées fortes de partage et de solidarité qui n'ont que trop reculé dans notre pays, une façon de troubler le jeux morbide de la triche devant un peuple qui a perdu ses repères et pourrait bien s'engouffrer dans la tentation fasciste. On n'en est pas loin.

Quoi qu'il arrive, si candidature communiste il y a, et je la souhaite, ce ne sera pas un poisson d'avril. Ce sera une lumière salutaire face à l'obscurité qui a enveloppé un pays ravagé par l'appétit glouton de la finance. S'il n'y a pas candidature communiste, il faudra bien que les communistes arrêtent de perdre leur temps à coller les affiches des autres en oubliant le rôle irremplaçable qu'ils doivent avoir, celui de faire avancer les conditions d'une remise en cause pérenne et majoritairement comprise du capitalisme financier qui étouffe la société.

On continue

Yvon Huet

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Le billet d’Yvon Huet. Vous avez dit égos ?

le 01 avril 2021

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