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Une étrange défaite…

L’exercice d’autosatisfaction de M. Macron est  proprement stupéfiant. A l’entendre, sa gestion de la crise ne souffre aucun reproche. Comment ne pas y voir une provocation ? N’avait-il pas fixé à 5.000 le nombre de contaminations quotidiennes pour espérer contrôler la progression du virus ? Aujourd’hui, il dépasse les 47.000 et poursuit sa folle et meurtrière course ! La nécessité de trier les malades, autrement dit de faire le choix douloureux entre ceux qui vivront et ceux dont on arrêtera le souffle, ne pourra que faire monter la colère.

Un tel drame n’avait pourtant rien de fatal. Les responsabilités d’une situation extrêmement grave doivent être clairement établies. Pour ne pas répéter les erreurs commises, mais aussi pour mettre des mots sur les maux qui s’abattent sur la société. Car la vie appauvrie qui nous est imposée a pour décor une tragédie quotidienne de plus de 300 décès. Les chiffres glaçants s’additionnent dans un silence plombant, les deuils sont ignorés, les corps meurtris mis sous le boisseau, et les histoires des vies volées par la maladie, ensevelies, sans postérité.

Un homme seul a fait le pari pervers d’une accoutumance de la société à la mort et la mal-vie. Lessivés par une année éprouvante, les Français refoulent pour l’instant l’hécatombe qui approche à pas réguliers des 100.000 décès. Avec des conséquences lourdes : un tiers des salariés déclare souffrir de dépression. Le chiffre a presque doublé en quatre mois !  Et que dire de notre jeunesse, de ces étudiants contraints de faire la queue aux soupes populaires.

Le pouvoir entretient le déni pour masquer le flot de pénuries indignes d’une grande nation. Au premier rang desquelles l’incroyable naufrage de la politique vaccinale. La responsabilité est certes partagée avec les instances européennes qui ont cru bon maintenir dans le secret les clauses du contrat avec le laboratoire AstraZeneca. On comprend désormais pourquoi ! Celui-ci ne prévoyait en effet aucune obligation mais réclamait tout juste un « best effort » (meilleur effort). Rien de contraignant, donc, pour ce laboratoire qui a vite eu fait de se tourner vers la Grande-Bretagne, meilleure payeuse.

Cette « étrange défaite » dans la course aux vaccins s’enracine dans le refus dogmatique des puissances capitalistes d’imposer, avec l’aide de l’OMS, la levée des brevets et de mettre à disposition les chaines de production pour fabriquer au plus vite les doses nécessaires. La France s’est même illustrée en votant contre la levée des brevets à l’Organisation mondiale du commerce ! Et le président continue de s’en remettre à la seule Commission européenne tandis que d’autres chefs d’États de l’Union élargissent leurs achats de doses à d’autres fournisseurs.

Alors que tout devrait pousser à faire du commun contre le virus et ses variants sur toute la planète, différents pays s’engagent dans un protectionnisme sanitaire délétère. Alors qu’en 2008, les réunions internationales se multipliaient pour sauver les banques, rien de tel aujourd’hui : aucune réunion du G8, du G20 pour sauver des vies humaines ! Telle est l’hideuse image de la  mondialisation capitaliste.

On nous annonce désormais que, dans 19 départements, les classes seront fermées au premier cas de Covid. L’ensemble des scientifiques s’accordent pourtant à considérer les écoles comme des lieux importants de contamination. Les enseignants sont envoyés au front de l’épidémie, au prix d’une contamination quasi-certaine, tandis que la moyenne d’âge des personnes hospitalisées chute sans cesse sous le coup des variants. Le refus funeste et borné du ministre de l’Éducation nationale de jouer sur l’ensemble des paramètres, dont celui des vacances scolaires et de la vaccination accélérée des personnels, n’a que peu à voir avec la défense de la scolarité, mais beaucoup avec l’obéissance servile aux injonctions patronales. La « troisième voie » du président apparaît pour ce qu’elle est : une voie de garage, les libertés en moins et les morts en plus.

Patrick Le Hyaric (L’HD, le 1er avril 2021)

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le 01 April 2021

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