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CAC40. Ils se gavent

Un rapport de l’observatoire des multinationales dénonce : les entreprises du CAC40 profitent des aides de l'État allouées pendant la crise.

L'observatoire des multinationales a piqué un coup de gueule dans son dernier rapport en déclarant qu'il ne faut pas « d’aide publique aux grandes entreprises sans conditions » après ses révélations sur le montant des dividendes versés aux actionnaires des entreprises du CAC 40.

Ces groupes ont touché « des aides publiques liées au Covid-19 ». Ils viennent de verser 51 milliards à leurs actionnaires. Total, par exemple, a versé plus de 7,6 milliards d’euros de dividendes en 2021 malgré une perte nette de 7,2 milliards. Les entreprises appartenant à ces groupe ont profité du dispositif du chômage partiel payé par l'État. 80 % d’entre elles ont versé un dividende en 2020 ou 2021. Le mécanisme de remboursement était accessible à toutes les entreprises, sans condition et sans aucune contrepartie. Cela a ouvert la voie à de nombreuses fraudes.

« Derrière ces milliards d’euros de dividendes, se cache le détournement sans conditions des ressources de l’État et des banques centrales au profit des intérêts privés des groupes du CAC 40 et au détriment de l’intérêt général », alertent Olivier Petitjean et Maxime Combes, co-auteurs de cette publication. Le gouvernement ne livre aucune information sur ces aides.

Ces entreprises se goinfrent d’argent publique. Elles prévoient de supprimer 62.486 emplois dans le monde, dont 29.681 en France, « les actionnaires du CAC 40 reçoivent l’équivalent de 815.000 euros par emploi supprimé. Qu’ils aient continué à verser de généreux dividendes malgré la crise sanitaire (Danone, Sanofi, Total) ou qu’ils aient dû être sauvés à grand renfort de milliards d’euros par les pouvoirs publics (Renault, Safran), les piliers du CAC 40 se rejoignent dans la même stratégie de long terme de réduction de leurs effectifs, notamment en France », dénonce l’observatoire.

Et pour le monde du travail !

Depuis le début de la crise sanitaire, les salariés se battent pour préserver leurs emplois. Les luttes s’intensifient au sein de Renault, qui prévoit de supprimer 2.500 emplois en France dans l’ingénierie et le tertiaire ou encore chez Danone qui a confirmé la suppression de près de 500 postes. « Par solidarité », les dirigeants du CAC 40 s’étaient engagés à réduire leur rémunération… Un leurre. S’ils l’ont fait, c’est de 8,1 % en moyenne. Dix n’ont rien fait et sept « ont même augmenté leur rémunération », selon le rapport qui cite les PDG des groupes Atos, Renault, Vivendi et Kering, entre autres.

Tout cela sans compter les milliards engloutis par le Crédit d'Impôt pour la Compétitivité et l'Emploi (CICE) que verse chaque année l'État aux entreprises du CAC40 sans aucune contrepartie. Quand Jospin était Premier ministre, il avait dit aux salariés de Michelin licenciés qui l'interpellaient : « L'État ne peut pas tout ». Quand il s'agit des multinationales, il ne rechigne pas à leur verser des sommes astronomiques d'argent public à fonds perdus.

À l'heure où l'on nous parle de se serrer encore la ceinture pour « payer la dette », il faut remettre les pendules à l'heure et changer de système politique. Remplacer une politique qui ne donne qu'aux ultra-riches par une politique qui mette en œuvre une économie au service de tous.

Dominique Gerbault

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