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Commémoration du 150e anniversaire. Hommage à Galdrich Verdaguer dans sa commune de Bouleternère

Discours de Jacky Pugnet, président de l’Amicale des Vétérans et de la mémoire militante du PCF 66

Chers amis et camarades,

Profitant d’un certain déconfinement, nous sommes réunis aujourd’hui à Bouleternère pour célébrer le 150e anniversaire de la commune de Paris et, au delà d’elle, pour saluer le geste héroïque et le grand courage d’un homme natif du village : Galdrich Verdaguer. S’il est compréhensible qu’au plus haut sommet de l’État on célèbre également Napoléon Bonaparte et donc la période historique de l’Empire qui, avec les traces laissées jusqu’à nos jours de son règne, mais aussi les côtés sombres de son passage, car il appartient à notre histoire nationale, que dire du silence assourdissant de nos gouvernements et des grands médias, surtout publics, à propos de la Commune.

Serait-ce la volonté d’étouffer la formidable expérience populaire, démocratique et sociale qui suscite encore aujourd’hui haine et violence de la part des forces dites « de l’ordre » et du grand capital.

Pourtant cette expérience, qui a duré 72 jours, bénéficie d’une place prépondérante dans le mouvement ouvrier français et international.

Les aspirations inaccomplies qu’elle met en œuvre gardent de nos jours une grande modernité, car, confrontées à une guerre permanente, elle lance des basculements sociaux et parfois civilisationnels que l’on retrouve au cœur de nos combats actuels.

Citons-en quelques uns :

  • Elle va s’attaquer à la question du travail et à la répartition de ses fruits. Elle met en place le premier ministère du travail, interdits les amendes et retenue dur salaire opérées par le patronat, fixé la journée de travail à 10h (contre 15h à l’époque), réglemente le travail de nuit, augmente le salaire des employés communaux et se prononce pour une échelle des salaires.
  • Elle se mobilise pour l’instruction laïque, gratuite et obligatoire pour les enfants des deux sexes, tout en imposant l’égalité salariale entre instituteurs et institutrices. Tout ceci découle logiquement du fait qu’en plein ébullition démocratique, elle se prononce pour la séparation de l’Église et de l’État.
  • Elle fait brûler les guillotine et décrète la fin de la peine de mort.
  • Elle organise la réquisition des ateliers de production abandonnés par leur patron pour les remettre aux coopératives des travailleurs, ancêtre des SCOP.
  • Elle essaye d’instituer une justice indépendante et gratuite ou encore d’attribuer des postes de ministres ou de commandants à des citoyens étrangers compétents et engagés (internationalisme et république universelle reste son crédo).
  • Elle réquisitionne les logements vacants pour les sans-abris.
  • Elle distingue aussi et surtout par son fonctionnement en démocratie directe, un pouvoir réellement du peuple, par le peuple et pour le peuple.

Répondre aux aspirations immédiates de la population tout en refondant un nouvel ordre social, économique et politique : tel est son objectif.

Ce rappel, non exhaustif, permet de mesurer l’ampleur de toutes les idées nouvelles avancées qui, par delà le temps, avec parfois des reculs, parfois des avancées, se retrouvent beaucoup dans nos luttes actuelles.

C’est dans ce contexte qu’apparaît la figure magnifique de notre citoyen Galdrich Verdaguer.

Il était né dans une famille de tisserands et s’était engagé dans l’armée à 17 ans. Au départ, c’était un fervent catholique (il fut même sacristain). Démobilisé (il fut même quelque temps cheminot) puis remobilisé après la défaite du second Empire, il se trouve le 18 mars 1871, à 7h30, à la tête d’un bataillon dont il est le sergent dans le cadre d’un régiment envoyé par l’Assemblée nationale monarchiste pour prendre dans la nuit le contrôle de la butte Montmartre afin de confisquer les canons que les habitants avaient financé par souscription pour se défendre contre les Allemands qui assiégeaient Paris.

Femmes et enfants, membres de la garde nationale encerclent les 4.000 soldats. Le général Claude Leconte ordonne alors aux troupes de tirer sur la foule. Les soldats hésitent, la confusion règne. Une voix sort alors des rangs : « camarades, armes à terre, crosses en l’air ». Cette voix, c’est celle du sergent Galdrich Verdaguer. Les soldats fraternise alors avec le peuple. Le général est fusillé par ses hommes : l’épisode insurrectionnel de la Commune vient de débuter.

Galdrich était né dans une famille de tisserands, et s’était engagé dans l’armée à 17 ans. Au départ fervent catholique, et même sacristain, il venait d’épouse la cause de la Commune. Ses états de service élogieux, son grade de sergent, l’aura acquise lors du 18 mars explique certainement son élection à la tête de son unité pour défendre la rue Legendre lors de la semaine sanglante du 21 au 28 mai 1871.

Arrêté, il sera déféré devant le conseil de guerre, puis fusillé le 22 février 1872.

Nous sommes heureux d’avoir pu en cette année anniversaire sortir de l’oubli ce valeureux citoyen et les Catalans peuvent être fiers d’avoir compté parmi eux un tel personnage.

Pour l’anecdote rappelons que la basilique de Montmartre, fierté touristique de Paris, a été édifiée pour célébrer l’écrasement de la Commune par mr Thiers, afin de rendre grâce à Dieu de cette victoire réactionnaire contre la population.

Pendant ce temps, dans le département, la tension est vive entre républicains (rouges) et monarchistes (blancs).

Seuls les républicains avaient été élus dans les Pyrénées-Orientales. Mais les dirigeants modérés empêchent de répondre favorablement aux appels de la Commune de Narbonne proclamée le 24 mars 1871. Cependant cette tension que le préfet compare à « un volcan entouré d’une multitude de cratères » se répercute dans les compagnies : une fusillade éclate à Pia en octobre 1870, une Commune rurale s’installe à Corneilla-de-la-Rivière où le drapeau rouge installée sur l’arbre de la liberté nécessite l’intervention des gendarmes. Mais l’éruption annoncée ne se produira finalement pas.

Ne manquez pas de lire les détails dans le numéro spécial du Travailleur Catalan qui est en vente à 5€.

Rappelons enfin que c’est à Port-Vendre, après l’amnistie en 1879, des communards déportés en Nouvelle-Calédonie que 5 navires en débarquèrent près de 1.500, accueillis par une foule républicaine immense qui les assista au travers de comités de secours dont le président national n’était autre que Victor Hugo.

Quant au peintre Alphonse Lemaitre, amnistié, il offrit en remerciement un tableau de Marianne, qui se trouve toujours à la mairie de Port-Vendre.

Voilà, chers amis et camarades, quelques éléments partiels que je tenais à souligner aujourd’hui.

Permettez-moi en conclusion de vous rappelez simplement que de nos jours, dans notre diversité, nous continuons l’œuvre entreprise par la Commune de Paris dont Galdich Verdaguer fut un des héros.

Souvenons-nous dans l’immédiat que fin juin, quelque soit nos opinions, il faudra empêcher la droite réactionnaire, revancharde et méprisante et son alliée de groupuscules d’extrême-droite cristallisé autour du Rassemblement national de faire main basse sur ce département que nous aimons et cette si belle région.

Faisons rempart à la fascisation des esprits en France et dans le monde.

Nous nous montrerons comme les dignes continuateurs de cette Commune qui a nourri nos expériences.

Non, décidément, Galdrich, la Commune n’est pas morte.

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Commémoration du 150e anniversaire. Hommage à Galdrich Verdaguer dans sa commune de Bouleternère

le 12 juin 2021

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