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Valmanya. Intervention de Georges Sentis lors de l’hommage rendu aux combattants de la résistance

La destruction du village les 1er et 2 août 1944. Puis, elle a englobé l’action du réseau Sainte Jeanne et la répression qui a frappé ses membres. Enfin, ces dernières années, elle est devenue un hommage à tous les résistants des Pyrénées-Orientales qu’ils aient agi au sein de mouvements, de réseaux ou d’organisations militaires. C’est pourquoi, laissant à Madame la maire le soin de parler des évènements des 1er et 2 août, nous évoquerons deux évènements méconnus qui se sont déroulés il y a 80 ans.

  • Premièrement dans la nuit du 25 au 26 avril 1941, eut lieu la première opération maritime menée par les Britanniques sur la côte du Roussillon. Le HMS Fidelity déposa sur la plage de Canet deux agents secrets. Quelques heures plus tard, à Cerbère, son équipage échoua dans sa tentative d’exfiltrer des militaires polonais. Arrêté lors de cette opération, Pat O’Leary parvint par la suite à s’évader et à organiser une des plus importantes filières d’exfiltration d’aviateurs, la Pat line.
  • Deuxièmement, de mars 1941 à octobre 1942, via Port-Vendres, 500 « indésirables » français dont seize étaient originaires de notre département (citons seulement Paul Galindo, mineur communiste d’Escaro) et 1.500 « indésirables » étrangers (des républicains espagnols et d’anciens brigadistes internationaux) furent transférés dans les camps du Sahara algérien.

Au cours d’une cérémonie à Port-Vendres, le dimanche 26 septembre, nous présenterons l’ouvrage retraçant cette « déportation » ainsi que leur engagement, à leur sortie des camps en mai 1943, pour hâter l’écrasement du III° Reich. C’est ainsi que l’avant-garde de la 2° DB qui entra dans Paris, était composée de républicains espagnols libérés du camp de Djelfa.

La manifestation du 26 septembre à Port-Vendres ainsi que celle du 11 septembre à Cerbère, sont très caractéristiques de la démarche de l’ANACR. Nous allions à l’organisation des cérémonies commémoratives, la publication d’un ouvrage faisant le point de nos connaissances, fruits d’une recherche scientifique. Recherches qui servent aussi de base à notre réflexion mémorielle.

Car nos travaux de recherche menés par des universitaires et notre travail de vulgarisation à travers conférences et interventions dans les écoles, s’accompagne d’un travail de mémoire. Alors se pose une question : quelle Mémoire diffuser, par exemple, sur la déportation des « indésirables » en Algérie ?

  • Pourquoi rappeler que c’est le président du conseil des ministres, Edouard Daladier qui a promulgué, en 1938, une loi sur les étrangers, définissant le concept d’indésirables étrangers et établissant la possibilité de les interner administrativement.
  • Pourquoi rappeler que c’est un gouvernement de la III° république qui, à l’automne 1939, a interné administrativement des indésirables français inscrits sur la Liste des suspects de menées anti nationales.

Pour nous, rappeler les évènements de mars 1941 et les lois qui les ont permis, c’est appeler les citoyens à être vigilants face à tout mesure, si minime soit-elle en apparence, remettant en cause nos libertés. Car, comme l’a écrit dans sa dernière lettre un jeune membre des Mouvements Unis de la Résistance, condamné à mort : « La République n’est pas morte d’avoir trop aimé l’Egalité, la Liberté et la Fraternité mais d’avoir trahi ces idéaux ».

Notre conception de la Mémoire est ainsi à l’opposé de toute récupération politicienne de l’Histoire, de toute utilisation à des fins personnelles du passé. De plus, elle s’appuie sur des faits vérifiés, jamais sur des on-dits ou sur des rumeurs. Elle accepte que des zones d’ombre subsistent malgré le travail des historiens. Le dépouillement des archives britanniques n’a permis que récemment de tirer de l’oubli les opérations de la Royal Navy sur nos côtes. Espérons qu’un jour, un historien découvrira dans les archives de la Wehrmacht un compte rendu de l’attaque de Valmanya qui complètera les récits des résistants et des villageois.

Mais l’avancée de la connaissance historique ne mettra pas un terme aux conséquences des actes barbares des Nazis sur les descendants de leurs victimes. Pour aboutir à la résilience, au dépassement de ces traumatismes, nous avons une possibilité : travailler tous ensemble, habitants de Valmanya, élus, associations historiques et mémorielles à la réalisation d’un lieu de mémoire à La Pinouse.  Alors, et seulement alors, la transmission de la Mémoire des actes et des idéaux des résistants, connaitra une ampleur digne de leur sacrifice.

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Valmanya. Intervention de Georges Sentis lors de l’hommage rendu aux combattants de la résistance

le 09 août 2021

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