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Éducation. Une rentrée sous Covid

Pour la deuxième année consécutive, la rentrée des élèves se fait sous le signe de la pandémie et donc des gestes barrières. Les enfants doivent être masqués du Cours préparatoire jusqu'à la Terminale.

L’épidémie de Covid-19 produit des effets dévastateurs chez les élèves en difficultés. Le décrochage laissera des traces dont on ne mesure pas encore toutes les conséquences. Cela aurait dû pousser le gouvernement et le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer à mettre le paquet dans les moyens humains et matériels.

En dépit des effets de manche du gouvernement, on est loin du compte. Le manque de moyens humains et logistiques inquiète enseignants et parents d’élèves. Entre le variant Delta, les classes surchargées, les réformes critiquées… jamais une rentrée scolaire n'aura suscité autant de défiance. Le ras-le-bol est tel que les syndicats enseignants (FSU, CGT, Solidaires, FO) ont déjà prévenu qu’ils seront en grève le 23 septembre pour réclamer un « vrai plan d’urgence pour l’éducation ».

En matière de moyens, il faudrait recruter massivement des enseignants et des AESH (Accompagnants des Élèves en Situation de Handicap). Le blocage des salaires avec le gel du point d’indice depuis 2012 aggrave le mécontentement du monde enseignant. Les nouveaux outils pédagogiques ne font pas davantage l’unanimité. Les colonies apprenantes, le dispositif « devoirs faits au collège » ou l’opération de travail en petits groupes « Je réussis mon lycée » suscitent un enthousiasme très mesuré. Les réformes du lycée et du nouveau Bac avec son contrôle continu à 40 % sont toujours combattues. Quant au fameux « carré républicain » (laïcité, lutte contre les violences, le harcèlement et le communautarisme) de Jean-Michel Blanquer, le doute est permis au vu de la campagne du ministère qui confond laïcité et intégration en jouant sur des amalgames douteux.

Protocole très insuffisant

Le protocole sanitaire qui prévoit des cours en distanciel et une isolation de 7 jours pour les seuls élèves malades non vaccinés, laisse pour le moins dubitatif. D’un point de vue logistique, la FSU pointe le manque d’outils, notamment en matière d’aération des salles de classe. Sur ce point, on ne peut que saluer l’initiative de la Région Occitanie, qui a promis de fournir des capteurs de CO2 à tous les lycées. Après les masques ou les tests, la Région pallie une fois encore les carences de l’État.

Cette situation inquiète également les parents d’élèves qui auront « apprécié » les propos abjects de Jean-Michel Blanquer sur l’utilisation de l’Allocation de rentrée scolaire, montrant du doigt les familles bénéficiaires qui, selon lui, s’offriraient des écrans plats en place des fournitures scolaires. Cette sortie témoignent d’une haine assumée et glaçante des classes populaires. C’est l’expression du mépris d’un exécutif plus pétri d’idéologue que du sens de l’intérêt général. C’est l'inverse du défi posé : en finir avec une école qui, au lieu d’être le creuset de l’émancipation, fabrique des inégalités.

L’enjeu de la vaccination est au cœur de cette rentrée. C’est dans les quartiers populaires que la fracture vaccinale est la plus visible. L’école a donc un rôle fondamental dans l’accès au vaccin. Dans une communauté éducative affaiblie, sous-dotée et mal rémunérée l’État ne pourra organiser une campagne de vaccination à la hauteur des enjeux de la crise sanitaire.

Dominique Gerbault

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