Fédération des Pyrénées-Orientales

Fédération des Pyrénées-Orientales
Accueil
 
 
 
 

Guerre de classe

Nous avions eu droit « au pognon de dingue » soi-disant donné aux plus démunis, puis à ceux « qui ne sont rien » et qui pourtant tiennent le pays en période difficile et sont les seuls créateurs de richesses. Voici désormais que le président de la République explique doctement aux habitants de Marseille, dans un message à peine voilé, qu’ils pourraient disposer de crédits publics à condition qu’il n’y ait « pas trop de grèves ».

Par contre, quand syndicats et forces de gauche réclament que les aides publiques aux plus grands groupes capitalistes soient conditionnées à des créations d’emplois, des  formations, des améliorations de salaires ou à l’interdiction d’asphyxier leurs sous-traitants, les écoutilles du télé-président se ferment.

Dans la foulée, le président a soutenu cette fausse information du très réactionnaire ministre de l’Éducation nationale, tout juste sorti de sa belle piscine estivale, déclarant : « on sait bien, si on regarde les choses en face que parfois il y a des achats d’écrans plats plus important au mois de septembre ». Il insinue ainsi que les bénéficiaires de l’allocation de rentrée scolaire se précipitent aux rayons hifi des magasins au lieu d’acheter habits, crayons et chaussures pour les enfants. Démonstration est faite que c’est pourtant en août et septembre que l’on vend le moins de téléviseurs… Et plusieurs ministres de la Famille, dont celui de l’actuel gouvernement, ont répété que c’était faux et que le remplacement de cette prime par de misérables bons d’achats serait moins efficace et coûterait plus cher. La Caisse d’allocations familiales a maintes fois démontré que cette allocation est bien utilisée pour les enfants. Ces crachats gouvernementaux sur les plus démunis, sortis des boites noires de l’extrême-droite, ont lieu au moment même où l’INSEE révèle qu’une personne sur cinq est désormais en situation de pauvreté.

Après la diminution de l’allocation logement, la détermination à vouloir abaisser l’allocation chômage, l’infernale pression sur la rémunération du travail et son supposé « coût », voici une nouvelle expression de la morgue des mandataires de la caste capitaliste contre les plus démunis.

Cette suspicion à l’égard de ceux qui ont le moins doit être mise en parallèle avec la  tolérance sans limite du ministre de l’économie, M. Bruno Le Maire, à l’égard du grand patronat, déclarant à l’université du MEDEF  qu’il « ne croi[t] pas à une logique de conditions, qui ruine le bien le plus précieux pour une économie : la confiance ».

Les valets zélés du capital n’ont donc confiance que dans les grands détenteurs de capitaux et les grandes fortunes, ceux dont on abaisse continument l’impôt sur les sociétés, les cotisations sociales, qui reçoivent un chèque annuel de 40 milliards avec le CICE et profitent de la flat-tax. Les mêmes qui détournent le crédit impôt-recherche de ses buts proclamés, paient moins d’impôt sur la fortune, grossissent les paradis fiscaux, augmentent les prix des produits de première nécessité. Les mêmes qui refusent d’augmenter les salaires, de maintenir les productions sur le territoire national, d’améliorer le sort des travailleuses et travailleurs, de mener bataille pour regagner notre souveraineté industrielle et agricole dont les effets commencent à produire des pénuries poussant à des augmentations de prix.

Oui, une guerre de classe est menée contre les travailleurs, les créateurs et l’intérêt général. Elle va loin quand on songe qu’un ancien ministre de M. Sarkozy a proposé que ceux qui possèdent une résidence secondaire puissent disposer de deux voix aux élections. C’est le retour au suffrage censitaire ! Pas question de laisser faire ! L’Humanité est du combat et développe la solidarité concrète en soutenant à l’occasion de la Fête de l’Humanité « le fond d’urgence solidaire » lancé par le Secours populaire français. Un euro par entrée et par bon de soutien placé sera reversé à ce fonds.

Patrick Le Hyaric (L’HD, le 8 septembre 2021)

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.

 

Guerre de classe

le 08 September 2021

A voir aussi



 
44 Avenue de Prades 66000 Perpignan Tél: 04.68.35.63.64