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L’édito du TC par Michel Marc. Le président a parlé

Protéger. Six fois, dans les premières minutes, Emmanuel Macron a utilisé le terme « protéger ». Ce n’est pas neutre. Les linguistes ou psychologues y trouveront là matière à disserter. Il a aussi employé plusieurs fois le mot « inquiétude » qu’il s’agirait, évidemment, d’apaiser et d’éteindre. Le procédé est courant. En lieu et place des mots « désaccord », ou « réprobation », qui ont pourtant un sens précis, il a choisi d’ évoquer « l’inquiétude ». Ce n’est pas la première fois, et il n’est pas le seul. Vous l’aurez compris, dans les deux cas de figure, l’auditoire est considéré comme fragile et mineur, peu apte à réfléchir par lui-même.

Des déclarations, des affirmations « non sincères ».

« Non sincère », c’est le terme employé par les tribunaux administratifs lors de commentaires sur des textes publics. Les étudiants, par exemple, seront heureux d’entendre et d’apprendre qu’ils ont été bien accompagnés pendant les périodes de confinement et de chômage technique. Les associations caritatives, qui ont déployé des trésors de générosité, d’énergie et d’inventivité pour subvenir à leurs besoins primaires devront s’interroger sur l’utilité de leurs actions. Autre exemple. Les personnels soignants ou intervenants dans les hôpitaux et cliniques seront , eux aussi, ravis d’apprendre que l’ensemble du personnel aura obtenu une augmentation de salaire entre « 200 et 400€/mois ». Les « oubliés du Ségur » apprécieront. Les responsables hospitaliers s’amuseront sûrement de la phrase, proclamée sans retenue, « nous n’avons jamais autant investi dans la santé ! ». Une heure plus tôt, sur deux chaînes de télévision, la cinq et France-Info, deux médecins hospitaliers disaient exactement le contraire, commentant les démissions massives et le dénuement matériel et déclarant, pour l’un des deux : « On est même plus à l’os. L’hôpital s’effondre ». Enfin, pour aller vite, les « pauvres » vont découvrir à retardement « une augmentation moyenne de leur pouvoir d’achat de 170€ par mois » pendant cette période de deux années. Enfin, « le chômage au plus bas », déclaré en ces termes, ne correspond en rien à la réalité sociale.

Les grands sujets absents.

L’État des services publics en général, et leur dégradation continue ? Rien. Le niveau ahurissant des évasions fiscales ? Rien. Le niveau jamais atteint des revenus financiers en France ? Rien. Le président, ancien ministre et responsable, avec d’autres, de fermetures d’entreprises et de délocalisations douteuses ? Rien. Pas un mot.

Si le lyrisme et l’autosatisfaction ont sans contestation marqué son intervention, les projets d’avenir sont décrits, assez brutalement. Nous devrons travailler plus longtemps, après les élections. La réforme de l’assurance chômage sera appliquée, consigne étant donnée aux Pôles emploi de mieux « surveiller » les bénéficiaires, les salaires n’augmenteront pas et le nombre de fonctionnaires va continuer sa décroissance. Rien de nouveau, au fond.

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