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Le billet d’Yvon Huet. Point d’ordre

La campagne électorale qui commence à chauffer va certainement provoquer des crispations ici et là dans le camp de la gauche. Je vais peut-être pour certains un peu loin sur certains sujets sensibles liés à la stratégie des communistes, leur passé et leur avenir. Je m'en explique.

J'ose espérer que cela ne remet pas en cause la fraternité de vue que nous avons, particulièrement lorsqu'il faut s'unir dans les mouvements sociaux qui émergent dans une période que l'on peut dire inédite. La journée de lutte du 27 janvier prochain est une excellente idée pour remettre les pendules à l'heure.

À un moment où près de 70 % des Français affirment qu'ils ne sont pas sûrs d'aller voter le 10 avril prochain, on peut dire que la 5e République n'a pas besoin d'un grand discours sur la 6e pour s'écrouler. Mais s'écrouler pour quoi ? La menace de l'extrême droite est lourde et d'autant plus que l'abstention risque de les favoriser. Le Président Macron est beaucoup plus usé que ne le font penser les brosses à reluire de la sphère médiatique. La droite espère profiter d'un effet d'aubaine pendant qu'à gauche c'est la crise hors sol. Vous pensez que je fais vous dire que voter Fabien Roussel va tout régler serait malhonnête de ma part.

Dans un sens oui, mais dans un autre, ce n'est pas du tout suffisant, parce que le vote pour les Jours Heureux n'est pas une délégation de pouvoir avec un paquet cadeau à l'appui.

Il faut surtout que les comportements de suivisme, de clanisme et de recherche du miracle reculent dans la société. La liberté, il faut aller la chercher dans un contexte où elle risque en effet de nous échapper concrètement, violemment avec l'extrême droite, « confortablement » avec la droite et à petit feu avec Macron. Et cette liberté, Fabien l'a bien cernée dans toutes ses dimensions dans son discours d'hier lors de ses vœux. Elle mérite de remettre en lice une ambition collective du niveau de celles et ceux qui se sont sacrifiés pour que nous soyons libres aujourd'hui.

Les frilosités, les nostalgies sont compréhensibles quand « tout fout le camp », mais nous ne devons pas laisser le terrain libre à ceux qui veulent TOUT nous interdire, y compris dans une certaine gauche hors sol. A chaque jour suffit sa peine. Les communistes ont décidé de se battre pour redonner confiance aux classes populaires que l'on a déclassées dans le débat politique. J'avoue que les communistes ont eu en leur temps leur responsabilité propre dans ce processus d'isolement, mais il ne faut pas en rester là.

C'est certainement l'enjeu le plus difficile tant les habitudes se sont installées dans les illusions de la représentation façon 5e République. Mettre la barre haut quand, depuis des décennies, on s'accroche au moins pire pour survivre en politique, cela ne veut pas dire qu'on a gagné d'avance, mais on aura eu au moins le courage d'essayer et, surtout, de donner aux générations futures le goût de la résistance. Cerise sur le gâteau, le PCF redeviendra ce qu'il n'aurait jamais cessé d'être, un parti populaire ancré là où l'intérêt au changement est le plus urgent. « Classes populaires » ou « classe ouvrière ». Je laisse cela aux spécialistes de la sémantique. Les analyses sont nécessaires, mais elles ne sont pas  la conclusion de pensées figées dans le temps quand le monde bouge en permanence.

Yvon Huet

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Le billet d’Yvon Huet. Point d’ordre

le 18 janvier 2022

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