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Enseignement supérieur et la recherche sur le site de Toulouse

Les établissements d’enseignement supérieur et de recherche de Toulouse sont engagés dans un projet de regroupement qui renforcerait leur visibilité et leur attractivité nationale et internationale et qui vise à progresser dans les classements internationaux notamment dans le classement de Shanghaï. Ce projet engage l’avenir du site toulousain. Cette transformation institutionnelle s’accompagne de l’appel à projets PIA 4 (4e programme d’investissement d’avenir) et notamment du programme ExcellencES qui permettrait au site toulousain d’accéder au statut de Grande université de recherche (GUR). Dans le cadre l’université fédérale a déposé le projet collectif TIRIS (Toulouse Initiative for Research Impact on Society).

Cette transformation peut être portée par deux structures issues de l’ordonnance de 2018 relative à l’expérimentation de nouvelles formes de rapprochement, de regroupement ou de fusion des établissements d’enseignement supérieur et de recherche : la COMUE Expérimentale et l’Établissement Public Expérimental (EPE).

Les conseils d’administration des établissements du site ont voté à l’automne 2021 les principes fondateurs qui orientent le projet vers une COMUE expérimentale portée par l’Université fédérale de Toulouse-Midi-Pyrénées (regroupement de 31 établissements d’enseignement supérieur et de recherche de la région) qui vise la mise en cohérence des stratégies pédagogiques et scientifiques des établissements qui conserveraient leur personnalité morale et juridique. La COMUE expérimentale est envisagée comme une étape nécessaire pour arriver au statut de Grande Université de Recherche.

Le projet collectif qui s’est élaboré dans des groupes restreints est opaque pour la communauté universitaire. Si par ailleurs le projet PIA 4 est accepté, le calendrier resserré qui vise ensuite la mise en place des statuts ne peut permettre la concertation avec l’ensemble de la communauté universitaire.

Le projet de COMUE expérimentale est un projet idéologique qui vise la transformation progressive des établissements universitaires en acteurs de l’économie, en lien avec la politique du site et en relation avec le monde de l’entreprise « profondément ancrés dans leur territoire ». L’objectif est de construire une nouvelle université qui finira par absorber les différents établissements qui en font partie dès la période d’expérimentation achevée. La spécialisation et la singularisation des sites, la « signature territoriale », qui renforcent leur autonomie, pourraient entrainer l’abandon de pans entiers de la recherche ; les Sciences Humaines et Sociales (SHS), les Lettres, les Langues et les Arts en ce sens sont en danger.

Les propos du Président Macron en clôture du Congrès de France Universités ce 13 janvier ne font que conforter cette idée : le système actuel de l’enseignement supérieur et de la recherche, « révolu » selon le Président de la République nécessite une « transformation systémique » dont « l’orientation doit évoluer pour mieux correspondre aux besoins de la nation ».

Le projet vise par ailleurs la destruction de la démocratie universitaire en réduisant les instances représentatives élues : le conseil d’administration serait constitué de 30 membres dont 13 personnalités extérieures ; il aurait de surcroît la possibilité de déroger de façon inédite aux règles inscrites dans le code de l’éducation.

L’université de Toulouse dispose actuellement d’un capital humain et scientifique d’envergure et une très large palette disciplinaire. Si le projet PIA 4 déposé par l’université de Toulouse réussit à fédérer les acteurs, il ne devrait pas impliquer de rejoindre l’ordonnance de décembre 2018 et de passer par la COMUE expérimentale qui, par son caractère très flou, interroge sur l’organisation et le devenir de la future université de Toulouse. La COMUE Bourgogne Franche-Comté lauréate d’un projet en est un exemple. La construction d’une grande université attractive à l’échelle mondiale pourrait très bien se faire sur la base du système fédératif actuel renforcé sur les coopérations qui permettent le développement de projets collectifs dans le respect des spécificités de chacun des établissements. Cela permettrait de repousser les frontières de la connaissance et de l’innovation au service de toute la société.

Nous sommes très inquiets quant aux menaces qui pèsent sur un enseignement supérieur et une recherche pluraliste et de qualité pour tous.

Pierre Lacaze
Président du groupe CRC
Carole Hoffmann
Vice Présidente de la Commission Enseignement supérieur et recherche

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