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Le billet d’Yvon Huet. Bise aux naines et aux nains

J'ai entendu fuser l'insulte méprisante et fatale depuis bien longtemps. Vous êtes des nains, dégagez le chemin et restez dans votre jardin. Marine Le Pen, Ségolène Royal, Adrien Quatennens et quelques autres stars des mots qui tuent savent utiliser cette comparaison pour affirmer leur complexe de supériorité. Cette insulte ne vaut pas mieux que celle qu'on attribue aux ritals, espingoins, youpins et j'en passe dans la liste des haines qui animent ceux qui pensent toujours avoir raison au dessus de la diversité humaine pour imposer leur solution dominatrice.

La population naine en France est évaluée à 5.500 personnes. Un effet de la diversité pour des citoyens qui ont toute leur tête et sont capables de vivre comme tout le monde sous réserve qu'on les respecte et qu'on adapte la société à leur spécificité. Cela recouvre d'ailleurs cet état d'esprit prétentieux et puéril qui, en France, tend souvent à exclure et enfermer tous les dits « marginaux » sans envisager un seul instant un esprit d'intégration, de respect et de vivre ensemble. « Cachez ce nain, il ne peut qu'être retord, méchant et sournois… » La réputation est faite dans toute une littérature jusqu'au cinéma, qu'on se le dise.

Contre eux, les théories eugénistes n'ont pas manqué et il suffit de rappeler ce que fit le redoutable boucher d'Auschwitz, Josef Mengele, qui expérimenta sur des nains juifs quelques tests douloureux afin de prouver la supériorité de la « race » aryenne.

Vu l'ambiance délétère qui enfume notre société, j'avoue que me faire traiter de nain me rend fier d'être assimilé à des citoyens qui sont méprisés par les partisans de la « race » des puissants et auxquels j'affirme mon entière solidarité d'être humain. Les minorités, quelles qu'elles soient, ont droit de s'exprimer et d'apporter au monde ce qui lui manque tout simplement, ce que nous appelons depuis un certain temps l'humain d'abord. Un monde droit dans ses bottes, quelles qu'en soient les justifications, finira toujours aussi triste qu'un poteau électrique abandonné au milieu du désert.

Histoire de finir sur une note d'émotion forte et de respect, je vous conseille chaudement le film « Michel Pétrucciani », sorti en 2011, soit 12 ans après sa mort, survenue en 1999, alors qu’il n’avait que 37 ans.

Yvon Huet

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