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Le billet d’Yvon Huet. Demain une 6e République, oui, mais sociale et démocratique

L'excitation de la droite et de l'extrême droite contre la NUPES est à la mesure d'un vif espoir pour sortir de l'ornière du marcionisme et de l'injustice. Soyons prudents mais allons au bout de ce moment fort de l'histoire. Mais nous avons un autre problème, et de taille. Ceux qui n'ont dans le bulletin de vote que la colère brute de décoffrage, sont capables de voter NUPES ou RN sans état d'âme, comme nous l'avons constaté pour l'élection présidentielle. C'est un signe des temps dans notre France bien abîmée où on en arrive à accepter l'idée de chèques alimentaires à la gueule du client pour calmer les crises de nerfs d'un no futur annoncé. Ça craint dans la tempête de la crise du capitalisme.

Certains voudraient, dans ce contexte, transformer la France en nouvelle terre du bipartisme à l'américaine. Ils travaillent dans ce sens en créant une base d'union de courants qui se fondent dans ce que l'on appelle l'UP. Ils auraient bien aimé y aspirer le PS, le PCF et les verts.

Mais la France est le pays de la liberté de conscience et de l'indépendance d'esprit, même si le lavage de cerveau médiatique en a détruit un pan. Il n'y a pas de haine dans mon analyse. C'est juste le constat d'une tendance qui crève les yeux. Il faudra bien que la diversité à gauche se reconstruise avec sa composante communiste sans faire de fixation mais avec détermination. Nous n'en sommes pas là à l'heure où même dans le journal l'Humanité l'idée d'un Front Populaire version UP semble l'emporter parfois sur l'union de forces autonomes. Un pays qui se veut démocratique tout en sortant du capitalisme se doit de garantir la liberté d'expression et valoriser l'engagement dans un cadre qui ne soit pas contraint au culte de la personnalité que la 5e République a porté à un niveau record, qui a fonctionné à gauche comme à droite. Aujourd'hui, on vend sur la place publique plus des leaders version « price » que des idées et des programmes partagés d'un vivre ensemble souhaitable. En cela, la campagne des communistes a eu cette originalité d'en appeler à la réflexion collective et non au marketing, même s'il a fallu en passer par là pour une part, élection présidentielle oblige…

On ne prépare pas un avenir serein en s'en remettant à la délégation de pouvoir à un homme tout puissant qui se paye le luxe de ne pas se présenter aux élections parce qu'il serait au-dessus de la mêlée. En la matière, le plagiat du Général De Gaulle est assez clair pour ceux qui ont connu cette période. Dans le genre « après moi le déluge » et j'en passe des collections d'expressions ubuesques, il y a de quoi être inquiet pour l'avenir si la force raisonnée des expressions libres et complémentaires de la gauche alternative ne s'impose pas dans un avenir proche. L'union à gauche ne peut se faire qu'à partir de forces réelles et non de facilitations pour des carrières politiques opportunistes autour d'un leader « bien aimé », ce qui, du côté du banquier Macron est pratiqué en permanence et favorise, qu'on le veuille ou non, le danger fasciste en France parce qu'il donne, à raison, une vision sale de la politique. Nous n'en sommes pas encore là avec la NUPES toute fraîche sortie d'un accord à l'arrachée, mais il faut mieux prévenir que guérir. Si nous voulons une 6e République sociale et démocratique, c'est dès maintenant qu'il faut préparer cet avenir possible, même si nous n'avons pas de « premier » ministre…

Voilà mes amis. Dimanche, je serai confronté comme d'autres dans le nord et le sud à une candidature RN contre LAREM devenue Renaissance. Je ferai ce que je peux et personne ne pourra m'en vouloir de barrer la route à la peste brune. JAMAIS je ne donnerai ma voix aux apprentis tortionnaires qui veulent faire de la France le mouroir des libertés et le terrain de jeu de la guerre contre les pauvres et les étrangers. L'envie de m'abstenir me démange certes et je n'en veux pas à ceux qui sont excédés (comme moi) à l'idée de se retrouver dans ce genre de configuration qui en fait est une illustration de l'insupportabilité des institutions de la 5e République. Certaines fautes politiques conjuguant la frustration d'un accord de sommet contrariant le notabilisme social démocrate local aboutissent à des monstruosités. Il faudra en tenir compte dans mon département des PO. Encore faut-il accepter de faire vivre ses propres idées plutôt que d'en vouloir toujours aux autres. Le sujet est sensible. L'important, c'est que les choses se disent et se règlent, et clairement, sans jamais tomber dans un climat de règlement de compte permanent qui n'intéresse qu'une infime frange militante de la population.

Yvon Huet

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Le billet d’Yvon Huet. Demain une 6e République, oui, mais sociale et démocratique

le 15 juin 2022

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