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Le billet de Jean-Michel Galano. Une pensée pour mes anciens étudiants…

16 octobre au soir, débat sur C5 avec Philippe Martinez. Débat pluraliste et plutôt bien conduit par le présentateur. Parmi les invités, un professeur d’économie à l’ESCP se revendiquant d’entrée comme « libéral assumé ». L’ESCP, c’est l’une des prestigieuses écoles de commerce dites « parisiennes » censées former, entre autres, les futurs cadres dirigeants d’entreprises. Plusieurs de mes étudiants y sont entrés, certains m’ont dit leur amertume d’avoir eu à subir comme vérité révélée la vulgate néolibérale. Je ne suis donc pas surpris d’entendre ce monsieur dénoncer les grèves et seriner que la France vit au-dessus de ses moyens, dans un discours tellement stéréotypé qu’il ne semble pas y croire lui-même.

Mais bientôt le masque tombe : fielleusement, le regard mauvais, et sans aucun rapport avec le débat, il raconte qu’en juin 68 Georges Séguy aurait été « conspué par les grévistes de Renault-Billancourt ». Un bobard déjà entendu. Philippe Martinez relève et rectifie : ce sont les propositions de la direction de Renault, soumises aux salariés grévistes par Georges Séguy, qui ont été huées.

J’avais quatorze ans à l’époque, et j’avais vu la scène, filmée par les caméras de l’ORTF. Je me souviens de la forêt de mains levées, de Georges Séguy debout sur la passerelle concluant ovationné : « La grève continue ». Cette scène a compté dans la prise de conscience du gamin que j’étais alors.

Pourquoi mentir ? Pourquoi chercher à souiller la mémoire ? La haine, bien sûr, la haine de classe. Il s’agissait aussi, c’est un grand classique, de compenser a pauvreté de l’argumentation par une saloperie avec l’espoir, qui sait ?  de diviser. Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose, disait Beaumarchais…

Que des menteurs et des incompétents de ce genre aient en charge la formation de futurs cadres d’entreprises en dit long sur le matraquage que ces jeunes subissent. Cela explique bien des choses. Alors, qu’il me soit permis d’avoir une pensée émue pour celles et ceux qui ont à subir un tel formatage. J’en connais qui y résistent.

Jean-Michel Galano

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Le billet de Jean-Michel Galano. Une pensée pour mes anciens étudiants…

le 17 octobre 2022

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