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« Le parti du travail » ? Non ! Celui de l’émancipation (Roger Hillel, section Albères-Méditerrannée-Illibéris)

Dénommé le PCF comme étant « le parti du travail », ainsi que le fait Fabien Roussel, est terriblement réducteur. Cette formule lapidaire laisserait entendre que le PCF serait pour le travail en soi, en faisant abstraction des conditions dans lesquelles il est conçu et organisé dans notre société capitaliste. D'ailleurs l'équivoque est entretenue lorsqu'il précise que c'est par le travail que « l'on retrouve sa dignité » en opposition avec le chômage par lequel on la perd. Mais l'argument est biaisé. Si le chômage a bien un effet dévastateur pour la plupart de celles et ceux qui s'y trouvent confrontés, il reste qu'il reste que le non-travail n'est pas nécessairement vécu, surtout par une partie de la jeunesse, comme une perte de dignité, mais comme une précarité assumée ou comme l'occasion de réfléchir au sens qu'il convient de donner à sa vie. Même si ces phénomènes restent encore marginaux, le communisme a pour fonction de ne pas les occulter.

Mais au fait, de quel travail s'agit-il ? Dans notre société fondée sur le travail aliénée, celui- ci recouvre souvent des formes insupportables et s'effectue, en tout état de cause, sous la domination du patronat ou, dans une moindre mesure, sous la contrainte étatique. Encore une fois, l'utilisation d'une formule aussi lapidaire que « le parti du travail » bloque la discussion et détourne de tout une série de questions qui nécessitent d'être soumises à la discussion à l'intérieur du PCF et plus largement au sein des forces de gauches. Ces questions renvoient à une vision d'une société qui s'affranchirait de toutes les dominations : patronales, étatiques, productivistes, consuméristes, colonialistes, impérialistes, patriarcales, raciales. Autant de questions connectées que le parti doit affronter pour y apporter des réponses communistes. Mais, pour les affronter, il ne doit pas se replier sur lui-même dans une posture identitaire mais au contraire aller vers les autres forces de transformation sociales, politiques syndicales et associatives.

L'intersectionnalité de ces dominations, dont l'étude reste largement à approfondir, n'impliquent pas qu'ils faillent les traiter toutes inséparablement et simultanément. Le PC peut s'impliquer dans des initiatives prises par des partenaires qui ne retiendraient que certaines d'entre elles et proposer des initiatives globalisantes mettant plus radicalement en cause la société capitaliste.

L'agenda actuel en est une instructive illustration. Les syndicats appellent à des mobilisations le 22 septembre pour la défense de la santé et des hôpitaux et le 29 pour, principalement, la hausse des salaires et des retraites. Il est normal que le PCF se soit engagé à favoriser ces mobilisations, mais en quoi serait-ce incompatible avec la marche du 16 octobre à Paris dont le mot d'ordre « contre la vie chère et l’inaction climatique » fait le lien entre, aux moins, deux tares de la société capitaliste. Si l'on a conscience que pour faire reculer la droite macroniste et consorts et que pour écarter le danger fasciste, il n'y a pas d'autres voix que de se rassembler en associant forces politiques de gauche, forces syndicales et associatives progressistes. Le temps de la séparation absolue de ces forces est révolu. La charte d'Amiens n'est plus de mise. Cela exige des efforts considérables, pour écarter aussi bien toute tentative d'instrumentalisation des forces syndicales et associatives par les partis et mouvements politiques, que tout esprit hégémonique d'un parti sur les autres.

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« Le parti du travail » ? Non ! Celui de l’émancipation (Roger Hillel, section Albères-Méditerrannée-Illibéris)

le 06 octobre 2022

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