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Demande de prise en compte de la notion de sûreté dans le document d’orientation du prochain congrès du PCF (Yvon Huet, section du Vallespir)

Argumentaire

Lors des dernières élections présidentielle, Fabien Roussel a posé la question de la sécurité publique, particulièrement celle à laquelle doivent avoir droit les quartiers populaires. A partir de là, les amalgames et les confusions ont fusé et n’ont pas aidé à avoir un débat serein sur un sujet qui sert de cheval de bataille à la droite et à son extrême. Plus encore, cela permet d’empêcher toute réflexion sur l’état de notre société et sur la façon d’aborder concrètement et positivement un sujet sensible systématiquement mise en scène en priorité par le flux de l’information déroulé en boucle par l’écrasante majorité des médias.

La clarté des mots

Le PCF doit prendre la question par le bon bout, à savoir l’article 3 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 : « Toute personne a le droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne ». La question de la sécurité doit être comprise à partir de ce qu’elle doit donc permettre dans cet article. Les mots ne sont pas innocents. La sécurité, isolée de son corollaire, la sûreté, devient une notion perméable aux interprétations les plus dangereuses. La liberté de vivre et penser en dehors de toute pression, voire de tribunal « populaire » à valeur de lynchage dans le pire des cas, est remise en cause par ce que la peur génère. Faute de revendiquer ce qu’un pouvoir réellement républicain devrait mettre en place pour garantir une justice équitable dans une société plus juste, on ne s’attaque pas à la racine d’un mal qui génère toutes les formes de violence.

Concrètement, le PCF a raison de dire, par exemple, qu'il faut plus de fonctionnaires de police, mais à condition de définir la mission, dans un cadre où les fonctions de prévention et d'éducation doit être mesurée clairement, en opposition avec le tout répressif qui caractérise l'état des lieux et dont les effets ne sont que négatifs puisque la violence reste, voire augmente là où la répression est exercée sans ménagement.

Mais cela ne suffit pas. A un moment où l'extrême droite trouve le terrain pour s'assurer une très possible prise de pouvoir par les élections en France comme récemment en Italie, ce n'est pas par des incantations que nous gagnerons la bataille des idées mais par un travail sérieux d'investigation sur le sujet, en s’inspirant plus de l’expertise des associations qui, comme la LDH mais pas seulement, ont souvent un temps d'avance en réactivité. Il y a donc un effort à faire pour que l’expression du PCF soit mieux comprise qu'elle ne l'est actuellement pour empêcher les récupérations et les polémiques hystériques que nous subissons en permanence.

La tâche n’est pas insurmontable. Pour étayer mon propos, je me permets de citer Henri Leclerc, grand avocat et éminente personnalité de la LDH. Il a, à maintes reprises, clairement rappelé les articles 7, 8 et 9 de la constitution de 1789 : La sûreté, c’est « le droit de n'être accusé, arrêté ou détenu que dans les cas prévus par la loi et selon les formes qu'elle a prescrites, le droit de n'être condamné qu'à des peines strictement et évidemment nécessaires établies par une loi qui ne peut être rétroactive et la présomption d'innocence. C'est un droit des citoyens face au pouvoir des gouvernements qui s'accompagne de la garantie judiciaire du respect des libertés individuelles. ».

Que de reculs avons-nous constaté depuis, voire de négations, notamment lors du coup de force du régime de Vichy, mais pas seulement. Dominique Noguères, militante de la direction de la LDH le confirme : « Les lois liberticides qui ont été votées forment aujourd’hui un mille-feuille juridique dans lequel même les spécialistes ont du mal à se retrouver. Or l’insécurité juridique met à mal la sécurité des citoyens. »

La réalité du monde nous prouve que toutes les sociétés répressives générant la violence d’État imposent aux citoyens une situation qui les réduit à l’état de sujets, provoquant ainsi une régression de société difficile à enrayer. L’exemple récent de la difficulté du peuple chilien à sortir de la constitution imposée par Pinochet depuis 1973, mais aussi quelques tristes traces de la constitution franquiste dans le processus judiciaire espagnol en est la preuve.

Inclure le principe de sûreté notre perspective alternative des Jours Heureux est donc plus qu’une nécessité, une urgence au même titre que les urgences sociales.

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Demande de prise en compte de la notion de sûreté dans le document d’orientation du prochain congrès du  PCF (Yvon Huet, section du Vallespir)

le 02 novembre 2022

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