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Au sujet du communisme et du rôle du Parti (Serge Bastide, section Capcir-Cerdagne-Conflent-Pyrénées)

Camarades,

Vous trouverez ci-dessous, dans son intégralité, une intervention, intitulée « Pensées et construction révolutionnaires d’une alternative », que j’avais faite dans le cadre de la préparation du 34éme Congrès… en 2008. Quinze ans déjà… et pourtant je pense qu’elle est encore et toujours, voire plus que jamais aujourd’hui, d’actualité, pour la préparation du 39éme Congrès de 2023.

Pensées et constructions révolutionnaires d’une alternative (2008).

Aujourd’hui, le champ politique est conçu comme un champ autonome. On a fait du « politique » une instance dissociée des rapports sociaux. Il est l’apanage des partis. Les élus sont devenus des spécialistes, voire des professionnels de la politique. La « classe politique », une forme d’élite, possédant le pouvoir, s’est instaurée, indépendante du mouvement social.

Il s’est opéré un déplacement de l’enjeu de la lutte des classes : Il n’aurait plus pour priorité l’objectif de changer les structures sociales, les bases économiques de la société, il a comme priorité, l’enjeu du pouvoir.

Œuvrer dans ce champ politique c’est entrer dans un système où les règles du jeu sont déjà fixées, où les moyens d’actions sont institutionnalisés. Or, les institutions actuelles ne sont fondées que pour reproduire le rapport de force existant, au sein duquel les représentants du capital sont dominants.

Il faudrait pour le moins composer avec. Dans ce cadre, pour conquérir le pouvoir, les partis sont conduits à définir, selon la conjoncture, une stratégie d’alliance ou d’isolement.

C’est la voie d’une stratégie « électoraliste », délégataire, voie royale de l’alternance, voie sans issue pour une véritable alternative.

Une forme de délégation de pouvoir s’est instaurée. Le peuple n’étant conduit qu’à soutenir les propositions et les projets et faire pression sur les « élites » ou les partis pour que les engagements soient respectés.

Les conséquences d’une telle stratégie se soldent aujourd’hui par un rejet de la politique et sa représentation par des partis.

Dans ce contexte, croire et laisser à penser qu’un programme, au contenu aussi transformateur soit-il, permettrait, par le gain des élections, de pouvoir changer les choses, ne relève plus de l’utopie mais d’un contre-sens. (En 1981 nous n’avions pas le pouvoir, nous avions tous les pouvoirs. Il manquait l’essentiel, les pouvoirs du peuple, exercés par le peuple).

Manque de perspectives, besoin d’un programme, de visée communiste… ou construction révolutionnaire d’une alternative ?

Il s’agit moins d’avoir pour objectif la conquête du « pouvoir » -pour, soi-disant, le redonner au peuple- que celui d’une construction de rapports de forces qui remettent en cause les rapports sociaux actuels, de production et d’échanges, les rapports de domination. Ceux-ci ne pouvant être qu’une succession de luttes et de leurs acquis, qui refondent de nouvelles légalités, de nouvelles institutions. Le fait a souvent précédé le droit et… la loi.

Ces combats doivent se mener partout où se jouent les enjeux de société : structures sociales, économiques, politiques dans les quartiers comme dans les entreprises. Il s’agit de conquérir de nouveaux pouvoirs afin d’impulser de nouveaux critères de gestion, de production et d’échanges avec pour objectifs sociaux l’efficacité économique et écologique. Ceci depuis le niveau local, régional, national jusqu’au niveau international. Cela ne peut se faire sans les salariés, sans les citoyens, sans le peuple.

C’est cette stratégie que nous avons besoin de faire vivre, avec comme moyen et but une autre démocratie, une démocratie participative, plus directe et plus représentative, où la représentation politique dans des institutions refondées ne seraient plus l’apanage des partis.

Seule une citoyenneté, ainsi promue, pourrait permettre d'instaurer une nouvelle république où la politique ne serait plus la chose politique mais la « chose publique » - respublica.

Les enjeux électoraux ne seraient plus posés à partir de projets portés par les partis politiques et soutenus par le peuple mais à partir de projets portés par le peuple et soutenus par les partis politiques. Des enjeux sur des rapports capitaliste/anticapitaliste, réformiste/révolutionnaire, adaptation/transformation et non des enjeux gauche/droite.

Les échéances électorales devraient devenir des rendez-vous fixés par le mouvement populaire ; leurs résultats, les élus n’étant qu’une reconnaissance de rapports de forces déjà existant dans le pays ; les réformes institutionnelles étant quant à elles la légalisation de ce « nouvel état actuel des choses », « que le mouvement réel » devrait à nouveau « dépasser » - cf. l’idéologie allemande de Marx et Engels.

Cette visée, ces changements progressistes doivent être le résultat d’une construction permanente, celle d’un peuple qui gagne, par l’action, sa souveraineté au fur et à mesure de ses propres expériences, de ses propres conquêtes, de ses propres avancées.

Dans cette stratégie de conquêtes et de transformations, les forces politiques et les mouvements sociaux n’interviennent pas de l’extérieur (pression) ils agissent au sein même des rapports sociaux, au sein même du mouvement populaire. Cette conception permet un large rassemblement - de partis politiques, d’associations, d’organisations syndicales, de personnalités, d’individus, autour de propositions et projets élaborés et portés ensemble.

Dans ce rassemblement, dont les formes de vie, la représentativité, restent à déterminer par ses composantes elles-mêmes, les partis politiques font part de leurs analyses, jouent un rôle de production d’idées, de prise de conscience, de confrontations, de propositions et d’actions pour nourrir le mouvement social, seul rapport de force susceptible de transformations.

Dans une telle conception, les rapports entre partis ne se posent plus en termes de concurrence ou d’alliance car leur reconnaissance ne se mesure plus à leur influence électorale mais à leur utilité, leur efficacité. Ceci permet ainsi de dépasser la contradiction « parti de Gouvernement » avec les contraintes et les limites d’indépendance et d’autonomie qu’impose ce « statut » et un parti communiste, « organisation révolutionnaire » dont le champ et la liberté d’intervention se doivent d’être sans contraintes et sans limites.

C’est dans cette conception, me semble-t-il que le Parti doit s’émanciper, se régénérer pour un parti pris communiste d’essence révolutionnaire. Celui d’être utile aux gens dans leur quotidien, d’ouvrir des perspectives, de conduire ensemble les changements en étant au cœur du peuple, du rassemblement et du mouvement social.

Le rôle de la cellule s’en trouve alors réaffirmé.

Une cellule, conçue comme « élément fondamental de la matière vivante » (définition du dictionnaire Larousse), indispensable à tout être vivant, qui se veut tout à la fois, individuelle et collective, autonome et associée, dans un ensemble cohérent, en se nourrissant du particulier, du singulier, du différent, pour tendre vers l’universel. Elle trouve ainsi toute sa raison d’être et sa place au sein du Parti, comme dans la société pour oeuvrer afin que celle-ci devienne un bien commun dans un amalgame qui fonde un « nouveau », d’essence « autre », en mutation permanente.

« … le communisme n’est pas pour nous un état de choses à créer, ni un idéal auquel la réalité devra se conformer. Nous appelons communisme le mouvement réel qui dépasse l’état actuel des choses » - L’Idéologie allemande de Marx et Engels.

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Au sujet du communisme et du rôle du Parti (Serge Bastide, section Capcir-Cerdagne-Conflent-Pyrénées)

le 02 novembre 2022

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