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Désarmement nucléaire : populariser la lutte pour le TIAN, auprès de la population, et d’abord dans le Parti. Contribution de Jean-Pierre Kaminker (section du Vallespir)

Le 7 juillet 2017, cent vingt-deux États ont adopté, dans le sein de l’ONU, un Traité d’Interdiction de l’Arme Nucléaire (TIAN), sans la participation des États détenteurs de la bombe atomique. En novembre 2018 cette avancée historique avait un écho dans la Résolution de notre 38° congrès, où on peut lire : « Nous devons poursuivre le combat dans l’unité la plus large pour que la France signe et ratifie le Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN) du 7 juillet 2017, adopté par 122 pays en Assemblée générale de l’ONU. »

Aujourd’hui où en est-on ?

Du côté du TIAN les choses ont avancé : aujourd’hui 91 États l’ont signé, parmi lesquels 68 l’ont déjà ratifié, dont certains sont considérables, comme l'Autriche, le Mexique, l’Afrique du sud, l’Irlande, etc…

En France, notre parti lui a fait une certaine place dans les campagnes électorales de cette année 2022. Dans le programme du candidat Roussel  « La France des jours heureux », le TIAN fait l’objet de la proposition 166 : « Le Traité d’interdiction des essais nucléaires (TIAN) voté par l’Assemblée générale de Nations Unies, sera signé », formulation qui reprend celle du 38° congrès, moyennant des variantes peut-être pas insignifiantes.

Que doit-on attendre de notre 39°congrès qui puisse assurer une suite pratique à ces positions de principe ? À mon sens, au moins ces deux choses.

D’abord un homme tel que  moi, doublement militant depuis 1952, comme adhérent du PCF et comme membre du Mouvement de la Paix, serait bien soulagé s’il voyait naître de nos débats un puissant sursaut pacifiste, en faveur du désarmement en général, et donc du désarmement nucléaire en particulier, et donc du TIAN. Présentement nous sommes loin du compte, quant à l’attention que le Parti dans son ensemble sait mobiliser en faveur de cette cause. Le forum du congrès est indicatif à cet égard : sauf erreur de ma part, le mot TIAN ne figure dans aucune des contributions lisibles sur le site ce 26 novembre.

Si ce sursaut pacifiste se produisait, cela supposerait que la masse de notre parti renoue avec une mémoire collective riche de grandes luttes, parfois victorieuses, que je verse ici au compte du pacifisme, sans vouloir suggérer qu’elles se soient jadis réclamées de cette bannière.

Mais cela supposerait surtout que nous nous démarquions avec toute la netteté possible des combats d’aujourd’hui pour le climat, quand leurs animateurs affectent d’oublier que la cause du climat sans la cause de la paix est perdue d’avance. A nous de dire haut et fort, en attendant que les autres le disent aussi, que le bilan écologique de la course aux armements, comme son bilan social, reste à faire, en y joignant celui des guerres en cours. Et quand l’éventualité d’une guerre nucléaire est plus que jamais prégnante, à nous de rappeler que si elle éclatait, l’hiver nucléaire règlerait à sa façon la question climatique.

En second lieu on peut souhaiter que le Congrès soit l’occasion d’affiner la revendication dont le Parti se veut porteur, face à l’existence du TIAN, face à l’omerta que lui opposent en France les médias dominants ; et face au mépris que Macron affiche à l’égard du TIAN sur la scène internationale. Devons-nous maintenir la formulation que j’ai rappelée ci-dessus, sous l’une ou l’autre de ses variantes, (signer et ratifier, ou bien signer seulement)  ? Sous une forme ou sous une autre elle revient à revendiquer que notre État renonce unilatéralement à ses bombes atomiques, pendant que les autres garderaient les leurs, et notamment les quatre États qui partagent avec la France le privilège d’être dotés, aux termes du TNP (Traité de non-prolifération). Dans les conditions très particulières créées par la Guerre d’Ukraine la revendication d’une renonciation unilatérale peut-elle devenir populaire ? C’est à débattre.

Une autre voie consisterait à réclamer de notre Etat qu’il use de son statut privilégié pour négocier avec ses pairs un accord sur un désarmement nucléaire qui deviendrait du coup multilatéral. Quand Fabien écrivait son livre-programme Ma France, il n’avait pas à compter avec la Guerre d’Ukraine. Il écrivait pourtant ceci en toute clarté, sans référence au texte du 38° Congrès : « La France doit mener une action positive et forte auprès des autres pays détenteurs de l’arme nucléaire pour faire en sorte d’atteindre un désarmement nucléaire vérifiable et multilatéral » (Ma France, Le Cherche midi, 2021, p.232). C’est peut-être dans cet esprit que notre parti a traité la question au sein de la NUPES. Il est notable en tout cas que le Programme partagé de gouvernement de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (19 mai 2022) s’il fait bien un sort au TIAN, le fait dans les termes suivants, qui excluent l’adhésion unilatérale : « Relancer les processus multilatéraux de désarmement nucléaire et conventionnel dans le cadre de la Conférence du désarmement de l’ONU, et la participation de la France comme membre observateur au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) » (Chap. 8, § « Renforcer et démocratiser l’ONU »).

En somme il est urgent de mobiliser les communistes en faveur du TIAN, et il faudrait aussi faire de la clarté sur la façon communiste d’en traiter devant le Peuple. Est-ce présentement à notre portée, dans la précipitation inhérente au genre Congrès ? Ce n’est pas à moi de le dire. Mais on pourrait concevoir que le Congrès se contente de signaler ces urgences, en programmant une Conférence nationale habilitée à traiter en grand, et à tête reposée, l’ensemble des questions touchant à la lutte pour la paix.

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Désarmement nucléaire : populariser la lutte pour le TIAN, auprès de la population, et d’abord dans le Parti. Contribution de Jean-Pierre Kaminker (section du Vallespir)

le 28 novembre 2022

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