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La Sécurité sociale et l’accès aux soins en danger

Bruno Le Maire, est décidé à mener la guerre à la Sécurité sociale. Il veut lui imposer une thérapie de choc en saignant son budget.

Le ministre des Finances met en place une nouvelle diminution drastique des prises en charge. Déjà qu’un Français sur quatre renonce à̀ se faire soigner pour des raisons financières. Il vient de décréter une augmentation des franchises médicales. Il prévoit d'augmenter le nombre de jours de carence en cas d’absence au travail et de réduire le nombre des bénéficiaires des prises en charge à 100 %.

Bruno Le Maire considère comme insupportable que les affections de longue durée (ALD), dont souffrent 12 millions de nos compatriotes, absorbent « 120 milliards d’euros, soit la moitié de la totalité des dépenses de soins ». Il voudrait infliger aux malades une double peine en les pénalisant financièrement et en les contraignant à̀ acheter des assurances complémentaires privées. Ce qui entrainera un renoncement à des soins complets et efficaces, au risque d’une aggravation des pathologies générant à terme des souffrances pour le malade et un surcoût social.

Avec l’aval du président de la République et du Premier ministre, Bruno Le Maire justifie ces mesures contre la santé publique par la nécessité de réduire le déficit de la Sécurité sociale coupable de plomber le budget national. Le déficit de ce dernier, atteint 5,5 % du produit intérieur brut, soit 154 milliards d’euros.

Un choix de société

Ce déficit pourrait être facilement comblé par les entreprises qui jouissent chaque année de 150 milliards d’euros de subventions accordés sous la forme de cadeaux fiscaux : baisse des impôts de production, octroi de crédits recherche et développement, exemption de cotisations sociales… Il pourrait aussi trouver des fonds auprès des hauts revenus qui sont dégagés de l’impôt sur la fortune et dont les prélèvements sont limités à̀ 30 % grâce à̀ la flat-tax. Sans parler de la fraude et de la fuite vers les « paradis fiscaux » qui représentent un manque à gagner pour les caisses de l’État d’au moins 80 milliards d’euros par an.

Pour rétablir les comptes, il faudrait s'en prendre à l’assistanat des entreprises. D’autant que les profits des plus grandes d’entre elles connaissent une courbe ascendante accentuée par une inflation que ces mêmes entreprises nourrissent par des hausses de prix souvent injustifiées.

Mais le gouvernement d’Emmanuel Macron adopte une voie aussi vieille que le capitalisme. Une voie sacralisée vers 1840 par le ministre François Guizot, qui avait lancé au monde des affaires de l’époque : « Enrichissez-vous ! ».

Le Président se rêve en chef de guerre Europe dans le conflit ukrainien. Mais à l’ombre de cette posture, il mène une vraie guerre, intérieure celle-là : recul de l’âge de départ à la retraite à̀ 64 ans minimum ; plafonnement des indemnités prud’homales en cas de licenciement abusif ; RSA assujetti à un temps de travail gratuit ; restriction des allocations-chômage qui va précipiter des milliers de femmes et d’hommes (en particulier les plus âgés) dans la précarité absolue ; diminution des prestations de la Sécu au détriment de la santé du peuple… Le Rassemblement national, malgré ses oppositions factices en rêvait, Macron le fait.

Dominique Gerbault

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La Sécurité sociale et l’accès aux soins en danger

le 07 April 2024

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