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L’édito du TC par Roger Hillel. L’arroseur arrosée

Lundi dernier, Jon Palais, militant alter-mondialiste et co-fondateur d’Alternatiba, comparaissait devant le tribunal de Dax pour avoir, le 19 octobre 2015, en compagnie d’une quarantaine de militants, « fauché » quatorze chaises dans une agence BNP Paribas de Paris. Cette  action relevé d’une campagne nationale initiée par Alternatiba pour protester contre la fraude fiscale et la délinquance en col blanc. Dans de nombreuses villes, ce fut le cas à Perpignan, des militants avaient aussi taxé des agences bancaires de quelques chaises. Plusieurs banques avaient fait profil bas mais surtout pas la BNP Parisbas qui en avait avalé sont coffre-fort et avait porté plainte contre Jon Palais pour « vol et irruption », ce que la justice requalifiera en « vol en réunion ». Le militant risquait gros. Mais en un an, le vent a tourné. La dénonciation de l’évasion fiscale s’est popularisée. L’agitation autour du livre « Sans domicile fisc », des parlementaires communistes, less frères Bocquet, n’a pas été pour peu. La fraude et l’évasion fiscale sont devenues de moins en moins anecdotiques dans l’opinion publique. Il était temps. Ces délits coûtent tout de même entre 60 et 80 milliards d’euros aux recettes publiques françaises et 1.000 milliard d’euros à celles de l’Europe. Pour le coup, des militants toujours plus nombreux se sont emparés du sujet. L’occasion était enfin venue de clouer au piloris un des symboles les plus effrayants du capitalisme financier. L’action a fait tâche d’huile. Depuis novembre, plus de soixante actions non violentes ont visé des agences de BNP Parisbas. La mobilisation s’étoffait et il devenait possible de transformer la BNP Paribas, d’arroser arrosée. C’est effectivement ce qui s’est passé lundi. Au moins deux milles personnes étaient rassemblées devant le tribunal de Dax pour soutenir Jon Palais et dénoncer la banque. « Deux verdicts sont attendus aujourd’hui. Celui qui me concerne et celui qui concerne l’évasion fiscale » avait déclaré Jon Palais avant d’enter dans le tribunal. Son avocate, Eva Joly, a plaidé la relaxe pure et simple, alors que le parquet a requis une « dispense de peine ». Le délibéré a été fixé au 23 janvier. On peut au moins être certains que la BNP Parisbas, elle, ne bénéficiera, aux yeux de l’opinion publique, ni d’une relaxe ni d’une dispense de peine.

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