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Vague citoyenne à Strasbourg pour dire « non » au Ceta

L’accord de libre échange entre l’Europe et le Canada (Ceta) sera vraisemblablement entériné aujourd’hui par le parlement européen. Faute d’une opposition au texte divisée, notamment dans le groupe socialiste.

Alexis Chaussalet, militant d’Attac France prend son car pour Strasbourg pour un programme tiré au cordeau.

« Ce soir, huit cars partiront. Depuis Paris, mais aussi de Belgique, d’Allemagne, d’Espagne, d’Autriche, pour manifester contre ce texte », nous précisait hier le militant, « A 8 heures, nous serons devant le parlement pour un défilé jusqu’à la place Kléber (place traditionnelle des manifestations dans la capitale alsacienne, ndr) puis nous repartirons à 10h30 de la place Kléber vers le Parlement à 10h30 pour une seconde manif avant la dispersion… »

Alexis Chaussalet se veut lucide : « Le rapport de forces n’est pas en notre faveur. La majorité du parlement ira dans le sens du Ceta. Même si en France les associations et les militants politiques sont nombreux à le combattre. »

Et de citer le Front de gauche, les Verts, et même les socialistes.

« En réalité, la gauche française est très majoritairement contre le Ceta. Même dans le camp socialiste. Le cas de Vincent Peillon, Député du Sud- Est, est notoire. Lui se déclare ferment contre l’accord de libre échange… »

Mais c’est pourtant dans ce camp, au niveau continental, que le manque de cohésion servira la cause du PPE (droite parlementaire européenne).

« Au niveau du parlement européen, les socialistes ne sont pas d’accord entre eux », rappelle Alexis Chaussalet, « ils auront une grande responsabilité, dans cette affaire. »

Cependant, les socialistes français ne sont certainement pas les plus virulents des opposants au Ceta. Les gens d’Attac en conviennent, qui connaissent les vrais leaders de l’opposition au contrat commercial. Ils connaissent aussi ceux qui se battent depuis le début pour ou contre le contrat commercial, y compris ceux de nos régions sudistes.

Dans le Sud-Ouest, les figures de la lutte contre le Ceta sont connues depuis longtemps. Jean-Luc Mélenchon (FG) ou José Bové (écologiste) pour ne parler que de ceux-là. Dans le Sud-Est, Marie-Christine Vergiat (Front de gauche) ou Vincent Peillon (PS) se sont lancés aussi dans la bataille.

Mais nos ultra-libéraux entêtés sont aussi connus. Et du Tafta, repoussé pour l'instant, au Ceta... on prend les mêmes et on recommence. Renaud Muselier (PPE) ou Françoise Grossetête (PPE, elle aussi région Sud-est) défendent l’accord commercial avec le Canada comme ils l’ont fait pour celui qui menaçait de lier les USA à l’UE.

Cette fois, malgré une opposition populaire qui saura se faire entendre aujourd’hui, porteuse lundi d’une pétition signée par 3,5 millions de citoyens européens, ils garderont certainement la main.

Les Euro-Députés de droite, libéraux, avec le soutien d’une majorité socialiste, ne tiendront pas cas des dangers pourtant bien réels d’un traité considéré par ses opposants comme « une menace pour la démocratie, l’État de droit, l’environnement, la santé, les services publics, mais aussi les droits des consommateurs et le droit du travail » et qui pis est formaté pour « renforcer le pouvoir des multinationales aux dépens de la démocratie et du bien commun. »

Si le Ceta sera certainement ratifié aujourd’hui, il ne sera cependant validé, pour que son action soit pleine et définitive, qu'après sa ratification par l’ensemble des 38 parlements nationaux et régionaux de l’Union européenne, même si la ratification par le Parlement européen permettra une application anticipée d’une partie du texte.

Claude Gauthier (La Marseillaise, le 15 février 2017)

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