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Robert Guédiguian : « Hamon, Mélenchon, unissez-vous ! »

Peut-être vous êtes, comme moi, pour le rassemblement avec un contenu vraiment de gauche, pas à n’importe quel prix bien sûr, sous contrôle citoyen, avec un pouvoir renforcé pour la citoyenneté et le parlement. Je ne parle pas de la révolution, ni du socialisme (communisme), pour lequel je continuerai à me battre jusqu’à mon dernier souffle. Non je parle des élections qui vont avoir lieu en avril et en juin, je parle de la mise en œuvre de la transformation sociale et de la transition écologique vers laquelle on pourrait cheminer avec un autre pouvoir et des citoyens aux quel on donne beaucoup plus de moyens institutionnels pour s’impliquer. Bien sûr je ne suis pas dupe, ni naïf, ni pourri, ni acheté, par je ne sais qui, je sais bien qu’Hamon sans pacte à gauche, sans contrat de majorité, sans engagement devant la citoyenneté nationale, sans rapport de force, se serait Hollande bis, le Bourget bis et pourtant comme Jean Luc Mélenchon, il y a une chance qu’il gagne! Alors on fait quoi on se résigne à dire à ceux qui souffrent, à nos enfants… votre vie ne s’améliorera qu’après demain, pour l’heure on vous laisse une planète pourrie… où on joue dès aujourd’hui toutes les chances qui sont devant nous pour battre la droite sèche, la droite ripolinée, les fachos…

Lisez ces mots de Robert Guédiguian, je les partage.

Le réalisateur de « Marius et Jeannette » et de « l’armée des ombres », rêve que les deux candidats s’entendent pour instaurer un socialisme à la française. Or, leurs désaccords risquent de conduire le peuple de gauche à une immense désillusion.

« Hamon et Mélenchon se voient tous les jours avec leurs équipes. Ils travaillent ensemble sur les possibilités –à notre grande stupéfaction, bien réelles– de prendre le pouvoir pour instaurer un socialisme à la française et montrer au reste du monde qu’une alternative au capitalisme mondialisé existe. Un socialisme qui réfléchit à son propre statut, un socialisme comme un chantier permanent, un socialisme hors de tout dogme, qui aurait pour seul mot d’ordre la lutte contre les inégalités entre les hommes. Ils s’aperçoivent alors qu’ils n’ont pas toutes les solutions. Ces doutes ne peuvent qu’aboutir à un accord pour chercher ensemble.
D’autant plus qu’ils savent que les candidats qui prétendent le contraire sont des menteurs. Comme les dinosaures, qui n’ont pas de système cérébro-spinal, périssent sans même se rendre compte qu’ils n’ont déjà plus que la moitié de leur corps… électoral. Hamon et Mélenchon –parce qu’ils n’ont rien à voir avec ces animaux préhistoriques, parce qu’ils sont résolument contemporains et savent qu’il faut essayer des choses, en rater certaines, en essayer encore pour rater mieux, selon Beckett… mais en allant toujours à l’idéal, selon Jaurès –s’aperçoivent qu’il faut faire de la politique autrement (ce qu’ils prétendent en permanence sans le faire), là, tout de suite, alors que l’occasion est trop belle.
 » vivre un peu mieux tout de suite « 
Ce qui se passe là, très exactement sous nos yeux, c’est une manière de faire de la politique dont plus personne ne veut, avec le poids des appareils, l’influence des tendances, le poids des élus, la lenteur des vieux partis, l’angoisse des futures élections. Mon Dieu, que de soucis… Hamon et Mélenchon ne se parlent que par mots d’auteurs repris ad nauseam par l’info en continu.
Je vous connais un peu tous les deux et j’ai beaucoup d’admiration pour vous. Vous êtes bien au-dessus de cela. Vous vous êtes trompés parfois, mais que celui qui n’a jamais péché vous jette la première pierre. Alors je vous en supplie. J’ai 63 ans, je voudrais voir le monde changer avant mon dernier jour. Cela semble égoïste, mais, croyez-moi, des jeunes gens pensent la même chose que moi, alors que leur dernier jour est bien loin. Les gens qui souffrent ne veulent pas souffrir cinq ans de plus. Ils ne se projettent pas dans l’Histoire. Ils veulent vivre un peu mieux tout de suite.
Unis, vous pouvez gagner, nous pouvons gagner avec l’un ou l’autre en président, à pile ou face, peu importe car vous pensez tous les deux qu’il faut en finir avec notre régime présidentiel. Les gens qui souffrent ne voteront pas pour vous si vous êtes séparés. La vague qui s’est levée se brisera sur vos bons mots et elle refluera plus loin que d’où elle était partie, chargée d’une désillusion de plus. Et vous en serez responsables. Avec mes sentiments fraternels. Robert Guédiguian. »

Nicolas Garcia

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