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Conférence de presse du PCF66. 2ème tour de la présidentielle et 3ème tour les législatives !

Les bons résultats obtenus par notre candidat Jean-Luc Mélenchon, tant en France avec près 19,5%, que dans les PO (21,1%) et Perpignan (22,7%) où la force commune que nous représentions arrive en seconde position devant toutes les autres forces démocratiques, montrent bien que la candidature de Jean-Luc Mélenchon a réussi à cristalliser les attentes de nos concitoyens parmi les plus durement frappés par la crise économique et l’austérité notamment – les ouvriers et les jeunes, mais aussi, et parfois de manière spectaculaire à Perpignan, les quartiers populaires.

Nous voulons remercier les femmes et les hommes, parmi lesquels l’électorat communiste, qui ont voté pour Mélenchon et surtout qui ont milité pour le vote en sa faveur et je peux vous assurer que nous n’avons pas donné notre part aux chiens.

Nous vivons des moments graves, une période importante dans l’histoire de notre pays et de son peuple. Des moments où se cristallisent les passions, où se confondent et se mêlent les sentiments les plus contradictoires, où la raison parfois faiblit, émoussée par la colère, la lassitude et les espoirs déçus…

Dimanche dernier le peuple français a fait un choix, ce choix n’est pas le nôtre, mais d’une certaine manière il nous engage. Il nous place devant un dilemme, un cas de conscience, dont la résolution –individuelle et collective– décidera de l’avenir de notre pays. Face à ce choix, la dérobade ou les calculs politiciens ne sont pas de mise. Au reste ce serait une illusion dangereuse de croire qu’avec une extrême droite au pouvoir, le peuple en serait plus combatif. L’histoire nous transmet des preuves tragiques et permanentes du contraire.

Notre parti à une longue histoire mouvementée qui s’est forgée au fer et au feu des luttes antifascistes, du combat pour la paix, de la lutte contre le capitalisme et pour l’émancipation du genre humain, des grandes batailles et des grandes avancées sociales. Nous sommes fiers de cette histoire honorable et nous ne voulons pas la sacrifier sur l’autel d’une lecture simpliste des grands mouvements historiques, renvoyant dos à dos libéralisme et extrême-droite.

Non, Montesquieu et Tocqueville ne sont ni Barrès ni Maurras.

Au libéralisme, incarné par Macron, nous répondrons par les luttes sociales et politiques les plus larges et les plus unitaires possibles. À Le Pen, chef de l’extrême droite, nous opposons dès aujourd’hui un refus catégorique, un barrage citoyen sans faille et sans ambiguïté.

Car, si des digues craquent, des « verrous » sautent, élargissant sans cesse les cercles de la division et de la haine, il n’en reste pas moins que le fossé séparant ces deux courants politiques est celui –fondamental– de l’égalité entre les humains. Pas une égalité sociale, personne n’est dupe et surtout pas nous, mais la reconnaissance d’une humanité commune…

Nous invitons celles et ceux qui légitimement s’interrogent encore sur le choix qu’ils feront le 7 mai prochain, à prendre connaissance des articles 5 à 19 de notre Constitution. Ils définissent l’étendue considérable des pouvoirs sans partage, attribués au Président de la République, chef de l’État et chef des Armées.

Dans cette période d’instabilités multiples, où le monde, privé de la relative régulation dont il s’était doté après la Seconde Guerre mondiale, s’enfonce dans les ornières du chaos, des guerres civiles et des escalades armées entre les nations, nous ne serons pas de ceux qui créeront les conditions de la victoire du Front national, de l’extrême droite à l’élection présidentielle. Ne serait-ce parce qu’avec Trump, Poutine, Orban, Erdogan, Van Jong, El Assad… il y a suffisamment de gens dangereux qui dirigent des grands pays.

Au Front National désormais les loups sortent du bois et s’affichent, et même si Jean-François Jalkh a été dégagé au bout de trois jours, il n’empêche que Marine Le Pen, qui a une position ambiguë sur la rafle du Vel d’Hiv, avait nommé, ce proche collaborateur de Jean-Marie Le Pen, qui en 1991, commémorait à ses côtés la mort de Philippe Pétain en l’église traditionaliste Saint-Nicolas du Chardonnet.

Parce que pour nous Les ingrédients qui ont permis l’élection de Trump contre Clinton, sont potentiellement là, le 7 mai prochain, nous utiliserons –nous instrumentaliserons– le bulletin de vote E Macron pour éviter le pire.

Ce n’est pas la première fois que la Vème République nous impose ce type de choix. Ces règles, le peuple français, il y a de cela 60 ans, les a choisies pour lui-même, même si c’était dans un moment de désarroi et sous la pression des factieux. Les résultats de dimanche ont montré qu’il n’était majoritairement pas prêt encore à s’en donner de nouvelles, ce qui nous laisse du pain sur la planche pour continuer à convaincre.

Alors oui, le 7 mai prochain, nous ferons –comme disent certains– « le jeu du système » en glissant dans l’urne un bulletin qui n’est pas le nôtre, qui est celui des banques, de la régression sociale et de la mondialisation sans limite ; celui du candidat de l’ubérisation du monde et des individus. Nous le ferons en conscience, non pour le soutenir, sans le moindre plaisir ni la moindre adhésion au moindre point de son programme, mais pour rejeter un danger encore plus grand et plus risqué pour la France et le monde. Nous le ferons et dans le même temps nous travaillons à construire avec toutes celles et tous ceux qui le souhaitent les mobilisations indispensables de demain et d’après-demain pour contrer les objectifs affichés de ce porte-drapeau du libéralisme et de ceux qui le soutiennent… Nous travaillons aussi à construire avec l’ensemble de celles et ceux qui ont porté haut la candidature de Mélenchon une campagne aux législatives qui permette à ce grand mouvement d’avoir un nombre conséquent de députés.

Ne nous racontons pas d’histoires. Les résultats du premier tour de l’élection présidentielle sont éloquents et les positions publiques comme les débats de ces derniers jours sur les réseaux sociaux ou ailleurs montrent que la victoire du Front national des Le Pen n’est plus un fantasme ou une hypothèse improbable et peu sérieuse. Il n’y a qu’à voir avec quelle indifférence et quelle résignation ces résultats ont été accueillis sur les plateaux de télévision dimanche dernier et dans la société depuis. La banalisation a bien fonctionné et maintenant celles et ceux de gauche, qui au fond ne se montrent pas inquiets par une victoire du FN, confortent ou bouclent ce processus de dédiabolisation.

Quinze ans après le 21 avril 2002, l’émotion a cédé la place au fatalisme et au renoncement, porte d’entrée de tous les accommodements. Disant cela nous ne dédouanons pas les politiques libérales ou social libérales, menées ces dernières années. Elles n’ont été que renoncement, promesses non tenues, affaires, entrainant déceptions, colères et misères pour le peuple. Présidents ministres et députés qui se sont succédés qui crient aujourd’hui au feu ont largement conduit à l’allumer et parfois s’en sont servis comme épouvantail. Nous les avons combattus, nous les combattons, nous les combattrons, pour autant nous ne commettrons pas la folie de tirer un signe égale entre eux et l’extrême droite et par notre abstention ne prendrons pas le risque de la faire gagner ou tout simplement de la renforcer, ce qui l’aiderait à avoir encore plus de députés aux législatives que ceux qui lui sont promis par les projections.

Notre action aujourd’hui comprend plusieurs mouvements concomitants :

1 – utilisation du bulletin Macron pour empêcher la candidate d’extrême droite de faire main basse sur notre pays. A la sollicitude qu’elle aurait, comme tous les gens d’extrême droite, à l’égard des marchés financiers et des grands patrons, elle ajouterait la privation des libertés individuelles et collectives.

2 – rejet et combat contre le projet ultralibéral de Macron.

3 – Construction à l’issu des législatives d’un groupe important d’élus issus des composantes qui ont porté avec force, conviction et moyens humains la candidature de Jean Luc Mélenchon qui a obtenu le remarquable résultat que l’on sait, même si bien sûr nous aurions aimé que notre candidat soit au second tour. C’est pourquoi la proposition, validée par nos conseils départemental et national, que nous portons depuis des mois pour les législatives restent d’actualité, bien évidemment nous l’avons rappelé à nos amis de FI dans les PO (deux circonscriptions pour la France Insoumise dont celle où JLM obtient son meilleur score dans les PO et deux circonscriptions pour le PCF). Par ailleurs au plan national nous avons compté 212 circonscriptions où les voix de la gauche Mélenchon, Hamon, Poutou, Artaud, dépassent le total des voix Macron, Fillon, Le Pen, la majorité étant à 289 députés et 189 étant requis pour obtenir la convocation d’une constituante. Aux législatives 212 candidatures communes, est selon le PCF, le niveau minimum d’ambition à avoir pour les forces qui ont amené Jean-Luc Mélenchon à l’excellent résultat de dimanche dernier. Cette question était à l’ordre du jour d’une rencontre qui a eu lieu à Paris vendredi dernier et qui se renouvelle aujourd’hui 2 mai, mais il est clair aujourd’hui que sans candidatures communes à ces forces, aucune majorité alternative n’est possible et l’ambition affichée par JLM dimanche soir sur TF1 de devenir Premier ministre devient irréalisable.

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