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Politique espagnole. Sánchez et la reconquête de la Catalogne

L’onde de choc qui a uni une majorité de partis de l’opposition contre le PP tiendra-t-elle au-delà de la circonstance fortuite de la motion de censure qui a permis à Pedro Sánchez de renverser le gouvernement de Mariano Rajoy ? Le fringant nouveau président de l’exécutif espagnol se donne deux ans pour remettre l’Espagne à l’endroit et reconquérir la Catalogne. Sans doute avec l’aide du parti Unidos-Podemos, quatrième force en place sur les bancs du Congrès des députés…

Podemos entre dans la partie

Le leader des « Podémistes », Pablo Iglésias, a perdu de sa morgue d’antan, quand il caressait l’espoir de surpasser le PSOE, au vu des excellents résultats obtenus aux élections législatives par le mouvement antisystème. Assagi, il a une belle carte à jouer aujourd’hui en prêtant mainforte au leader socialiste, grâce aux 71 sièges de Podemos et de ses partis satellites locaux : une avantageuse monnaie d’échange qui n’aura plus cours en cas d’élections, les anciens Indignés risquant de perdre la moitié de leurs élus, disent les sondages. A contrario, Pablo Sánchez a certes ravi le pouvoir à Rajoy, mais le PSOE -humilié le 26 juin 2016-, ne dispose guère que de 84 sièges au Congrès des députés. Or, si Pablo Sánchez veut faire œuvre de gouvernement au cours des deux années qui le séparent des prochaines élections législatives espagnoles, il lui faut tisser un réseau de complicités à gauche autour d’un projet social, et du côté de la Catalogne irrédente, ainsi d’ailleurs que du côté des Basques. Dans le droit-fil de cette reconquête, le nouveau chef du gouvernement espagnol a commencé hier, par recevoir le Lehendakari Urukullu. Principal sujet abordé : le rapprochement en Euzkadi, des prisonniers de l’ETA, à l’instar de la politique mise en œuvre en France par le président Macron (qu’il a rencontré ce samedi).

Lundi prochain, ce sera au tour du président de la Generalitat Quim Torra d’être reçu en audience par Pedro Sánchez, au palais de la Moncloa de Madrid.

Toutefois, le leader de Podemos a pris les devants en rendant visite au président de la Generalitat hier matin.

À l’issue de la rencontre, la porte-parole Elsa Artadi a confirmé les attentes du président de la Generalitat : le principal dirigeant de Podemos est prêt à jouer un rôle d’intermédiaire entre la Generalitat et le nouveau gouvernement socialiste. Quim Torra et Pablo Iglésias ont convenu de donner la priorité à la libération des dirigeants emprisonnés ou du moins leur rapprochement territorial, un souhait partagé par 80 % de catalans, selon un sondage publié dimanche par le quotidien La Vanguardia.

Joana Viusà (L'Indépendant, le 26 juin 2018)

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